Parce que l'on vit dans un monde globalisé dont les enjeux sont tous interconnectés, l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) organise ce mardi à Genève un symposium sur la problématique de la santé au XXIe siècle. Un pôle de recherche sur ce thème a également été lancé avec cette rentrée universitaire.

«De plus en plus d'études montrent qu'une mauvaise situation sanitaire peut devenir un facteur de déstabilisation, dans le cas d'une épidémie par exemple, souligne Ilona Kickbusch, directrice du programme. Les troubles des pays tiers nous intéressent, parce qu'un Etat faible représente un risque à l'échelle internationale. Il nous semblait donc important de réfléchir sur ce lien entre santé et politique étrangère.»

La «diplomatie de la santé» est de plus en plus mise en avant. Sept pays, dont notamment la France, la Norvège, la Thaïlande et le Brésil, viennent de rédiger une résolution à destination du Conseil de sécurité des Nations unies demandant une prise en compte des questions sanitaires dans la conduite des affaires extérieures.

«Tout est interconnecté»

«En Afrique, où le niveau de la santé publique s'est extrêmement détérioré, les gens souhaitent que nous agissions dans ce domaine. Mais, pour cela, il faut assurer la sécurité. D'autres exigent des améliorations en termes de droits humains, relève Parag Khanna, directeur de l'Initiative pour la gouvernance mondiale, intervenant au symposium et conseiller de Barack Obama (lire ci-dessous). Pour qu'un individu parvienne à se défendre, il doit justement être en bonne santé. Chacun a tendance à considérer les choses de son point de vue, alors que tout est interconnecté.»

L'autre ambition affichée par l'IHEID est la création d'un consortium au niveau international. Des institutions ont déjà répondu présent en Chine, aux Etats-Unis, en Thaïlande ou en Grande-Bretagne. «Le problème majeur du développement de la santé aujourd'hui est le manque de coordination, souligne Ilona kickbusch. Il y a beaucoup de moyens, mais surtout beaucoup d'acteurs. Le risque est d'être contre-productif. Lancer des projets dans tous les sens permet certes de sauver des vies, mais pas de créer un système de santé viable à long terme.»