Commentaire Défaite pour François

La longue ovation debout qui a suivi le discours du pape François samedi devant le synode ne doit pas cacher la réalité. L’absence de majorité des deux tiers des voix nécessaire pour valider les paragraphes qui concernent les divorcés remariés et l’homosexualité marque une défaite pour le souverain pontife. Le premier revers public pour un homme qui aime bousculer les lignes. Le signe concret d’un courant conservateur fort dans l’Eglise.

Après la publication lundi du projet de synthèse réformiste, plusieurs groupes de prélats (africains et américains notamment) ont multiplié les amendements pour corriger les avancées du document intermédiaire qui, selon eux, affecterait l’ensemble de la doctrine sur les sacrements. Signe d’une confrontation âpre, il y a eu jeudi jusqu’à dix rapports linguistiques pour atténuer des propos et remettre en majesté «une seule forme» d’union «indissoluble», celle d’un homme et d’une femme. Des évêques farouchement opposés à l’ouverture qu’appelle François – certains persistent à qualifier le pape argentin d’illégitime – auraient même secrètement visité Benoît XVI cette semaine…

Sans consensus fort, François va opérer un repli tactique. Garant de l’unité, il ne va pas passer en force au risque d’une Eglise qui se couperait en deux. Il a ouvert le débat et donné une transparence aux échanges. Il va laisser «mûrir les idées» et reviendra devant un autre synode, définitif, consacré à la famille. Dans un an.