«Nous appelons le gouvernement de Syrie et l’opposition à faire preuve d’un maximum de retenue et à renoncer aux provocations et à la répression», a indiqué ainsi le ministère russe des affaires étrangères, qui s’est dit «très préoccupé par les informations faisant état de nombreuses victimes».

«L’usage de la force contre les civils et les représentants des structures de l’Etat est inacceptable et doit cesser», a-t-il ajouté. L’appel de lundi de la diplomatie russe est le plus ferme adressé par Moscou au régime syrien depuis le début de la répression du mouvement de contestation à la mi-mars.

A Berlin, la chancelière Angela Merkel «condamne dans les termes les plus forts l’action du gouvernement syrien contre sa propre population civile», a dit le porte-parole du gouvernement, Christophe Steegmans. «Elle exhorte le président Assad à arrêter la violence contre son propre peuple immédiatement», a-t-il ajouté.

Pas d’intervention militaire

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a pour sa part souhaité que la pression internationale contre la Syrie s’intensifie, tout en excluant une intervention militaire.

«Nous voulons qu’il y ait davantage de sanctions. Nous voulons une pression internationale plus forte. Bien sûr, pour que ce soit efficace, ça ne doit pas seulement être une pression des pays occidentaux, cela inclut les pays arabes, cela inclut la Turquie», a- t-il dit à la BBC.

Interrogé sur la possibilité d’une intervention militaire contre le régime du président Bachar al Assad, William Hague a précisé que celle-ci n’était «pas envisageable».

Sanctions imminentes

Dans ce contexte, l’adoption de nouvelles sanctions contre le régime syrien est «imminente», a déclaré un porte-parole de la cheffe de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton. «Nous allons poursuivre notre politique de sanctions», a ajouté ce porte-parole.

Cinq nouveaux noms de proches du président Bachar al-Assad pourraient être ajoutés dès mardi à la liste des personnes privées de visas et dont les avoirs ont été gelés, a précisé un diplomate européen s’exprimant sous couvert de l’anonymat. L’UE a déjà adopté trois trains successifs de sanctions contre Damas.

Sur le terrain, les forces de sécurité syriennes ont abattu trois personnes dimanche devant la mosquée principale de la ville de Deraa, dans le sud du pays, ont rapporté des militants locaux. Elles auraient pris pour cible une manifestation de protestation contre l’assaut lancé à Hama, dans le centre du pays.

Les militants ont précisé que des centaines de personnes s’étaient rassemblées après les prières dans la vieille ville de Deraa en signe de solidarité avec les habitants de Hama.

Deraa, berceau du mouvement de contestation déclenché en mars contre le président syrien Bachar al-Assad, a aussi été la première ville frappée par des chars il y a trois mois au cours d’une opération de l’armée. Une forte présence militaire y est maintenue.