proche-orient

En Syrie, le dernier lambeau du «califat» n’en finit pas de sombrer

Bombardée par la coalition internationale, l’enclave de Baghouz, au bord de l’Euphrate, est presque libérée de l’emprise des djihadistes. Le «califat» ne tient plus qu’à quelques champs et bâtiments

Les spots des Humvees inondent le désert syrien d’une lumière éblouissante. Accroupis au centre de la trouée blanche, une cinquantaine de djihadistes attendent sans broncher. Ils ont fui Baghouz, le dernier lambeau du «califat» de l’Etat islamique, une petite enclave de 3 km2 au bord de l’Euphrate. Les femmes et les enfants ont été regroupés à une dizaine de mètres de là. Autour d’eux, les forces spéciales kurdes, françaises et américaines s’affairent, prennent les empreintes digitales, scannent les iris et font des photos. Ils recherchent les cadres de l’Etat islamique (EI) et les terroristes les plus dangereux.

Chaque jour le même scénario se répète: les bombardements de la coalition internationale font leur lot de morts et de blessés qui sont évacués par un «corridor humanitaire», ouvert durant quelques heures. Le flux de blessés, de combattants résignés à rendre les armes, de femmes et d’enfants ne se tarit jamais, comme si l’enclave était un puits sans fond. Ils sont ainsi des milliers à fuir chaque semaine.