Certes, ce n'est pas pour tout de suite mais il n'est pas exclu que les pourparlers de paix israélo-syriens, qui avaient échoué en février 2000, reprennent prochainement. En effet, selon le quotidien Maariv, le président Bachar Al-Assad aurait profité de la visite que viennent de lui rendre le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, et le représentant du secrétaire général des Nations unies dans la région, Terje Larsen, pour faire savoir à Israël qu'il serait prêt à renouer le dialogue. Selon le journal israélien, le leader syrien aurait également donné à Larsen des informations relatives aux soldats de Tsahal disparus au Liban, mais ce dernier le dément formellement.

Pour l'heure, les responsables de l'Etat hébreu se déclarent en tout cas «sceptiques» à l'égard de l'initiative prêtée à Assad. Ils présentent sa démarche comme une opération de relations publiques destinée à calmer les Américains, qui exigent le retrait de l'armée syrienne du Liban ainsi que l'interruption du soutien apporté par Damas au Djihad islamique et au Hamas. Quant au général de réserve Oury Saguy (l'ancien chef des renseignements militaires qui fut chargé par le premier ministre Ehud Barak d'organiser les négociations de 1999-2000), il affirme que «si Assad veut vraiment négocier, il sait où nous joindre sans passer par des intermédiaires étrangers, aussi respectables soient-ils.»

Pourtant, la plupart des commentateurs israéliens estiment que le discours syrien a bel et bien changé depuis la chute du régime «frère» irakien. En avril dernier, Assad avait d'ailleurs déjà délivré un message encourageant à Tom Lantos, un membre démocrate du Congrès américain de passage dans la région. Puis, le 27 juin, le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, en visite à Damas, avait également été surpris par le ton de ses interlocuteurs, ce qui l'avait poussé à proposer «d'élargir la «feuille de route» à la Syrie et au Liban». Enfin, le 12 juillet, le journal syrien Tichrin, qui est considéré comme le porte-voix du régime, a publié un éditorial affirmant «qu'il ne serait pas acceptable de reprendre les négociations (avec Israël, ndlr) en repartant de zéro ni d'effacer tout ce qui a été accompli au prix de pénibles efforts». Un texte répondant aux déclarations d'Ariel Sharon selon lesquelles l'Etat hébreu est prêt à renouer le fil du dialogue, mais «sans conditions préalables», contrairement à ce que souhaite Damas.

En février 2000, il s'en était fallu d'un cheveu pour que les pourparlers de paix menés par Ehud Barak et par Hafez Al-Assad (le père de Bachar) sous la houlette de Bill Clinton aboutissent. Israël refusant de restituer la totalité du plateau du Golan conquis par Tsahal en 1967, le président syrien avait refusé de poursuivre les discussions plus avant.