Humanitaire

Syrie: les Kurdes démobilisent près de 150 enfants soldats

Assiégés de toutes parts, les Kurdes ne recourront plus aux enfants soldats. C’est le premier groupe armé en Syrie à signer l’acte d’engagement de l’Appel de Genève, ONG spécialisée dans le dialogue humanitaire avec les rebelles

La cérémonie a eu lieu samedi 5 juillet à Ramalan dans la région kurde de Syrie. Les forces armées kurdes du YPG ont démobilisé 149 combattants âgés de moins de 18 ans. C’est le premier groupe armé syrien à signer l’acte d’engagement sur la protection des enfants dans les conflits de l’Appel de Genève, une ONG spécialisée dans le dialogue avec les rebelles.

«Cet engagement a nécessité des mois de négociations», a précisé mardi sa directrice Elisabeth Decrey Warner, au retour de sa mission en Syrie. Les Kurdes contrôlent trois poches de territoire le long de la frontière avec la Turquie, où ils ont mis en place une administration provisoire. «Nous sommes assiégés par le régime syrien, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) et la Turquie (hostile à toute autonomie kurde, nldr)», a expliqué Abdulkarim Omar, porte-parole des Kurdes syriens, qui a fait le déplacement de Genève depuis la ville de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie.

Il en a profité pour lancer un appel au secours: «depuis leur prise de Mossoul en Irak, l’EIIL a déployé de nouveaux moyens contre nous et les combats ont récemment redoublé. L’aide humanitaire distribuée par l’ONU ne parvient pas aux Kurdes».

Dans ces circonstances, se passer d’une centaine de soldats n’est pas «facile», souligne Elisabeth Decrey Warner. D’autres enfants doivent encore être démobilisés dans l’une des trois enclaves kurdes, celle attaquée par l’EIIL. A l’avenir, ils ne participeront aux combats, directement ou indirectement, mais continueront à faire partie des forces armées kurdes en vertu d’une dérogation accordée par l’Appel de Genève. «Nous avons demandé qu’ils portent un uniforme différent et ils recevront un enseignement», fait valoir Elisabeth Decrey Warner.

De nombreuses filles figurent parmi ces enfants soldats. Le YPG dispose d’une unité composée exclusivement de combattantes. «Souvent, les filles s’enrôlent, parce que c’est leur seul moyen d’échapper à un mariage forcé ou à des violences sexuelles», explique Elisabeth Decrey Warner. En Syrie, les Kurdes ne sont de loin pas les seuls à avoir recours aux enfants soldats, qui se comptent probablement par milliers. L’Appel de Genève est d’abord rentré en contact avec l’armée syrienne libre. Mais l’ONG a renoncé à lui faire signer l’acte d’engagement, faute d’une chaîne de commandement claire. Plusieurs formations sur le droit humanitaire ont toutefois été organisées auprès de différentes unités.

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