Des rebelles syriens, soutenus par Washington, ont échoué mercredi 29 juin à s'approcher d'une importante ville frontalière avec l'Irak et ont dû se replier dans le désert face à la riposte du groupe État Islamique (EI).

«L'attaque a échoué. Ils ont perdu le contrôle de l'aéroport de Boukamal, pris quelques heures plus tôt, ils ont reculé mais il se trouvent toujours dans la province de Deir Ezzor», un territoire désertique de l'est de la Syrie contrôlé par l'Etat islamique, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

L'offensive était mené par la Nouvelle armée syrienne (NAS), qui regroupe des combattants non islamistes entraînés par les Américains et les Britanniques dans un camp de la coalition internationale en Jordanie, selon l'OSDH.

Contre-offensive éclair

Les combattants avaient lancé cette opération mardi pour tenter de couper les lignes d'approvisionnement de l'Etat islamique entre la Syrie et l'Irak, deux pays où les djihadistes contrôlent d'importantes portions de territoire.

Selon l'OSDH, les combattants de la NAS avaient progressé pendant la nuit et saisi la base aérienne d'al-Hamdan à 5 kilomètres au nord-ouest de Boukamal, dans la province de Deir Ezzor (est), afin de tenter de faire la jonction avec des forces irakiennes de l'autre côté de la frontière.

L'Etat islamique utilise toujours la même tactique dans les régions désertiques, laissant entrer ses adversaires avant de les frapper lors d'une contre-offensive éclair. Il avait utilisé la même tactique contre l'armée syrienne à Tabqa, dans la province de Raqa, il y a dix jours.

«Seconde phase» en préparation

La NAS a confirmé son recul. «Nous nous sommes retirés dans le désert après avoir terminé la première phase de l'opération qui visait à frapper des points de l'EI aux environs de Boukamal. Nous préparons sa seconde phase», a indiqué le porte-parole de ce groupe, Mezahem al-Saloum.

«L'objectif est de couper les lignes d'approvisionnements militaires de l'EI entre l'Irak et la Syrie, puis dans un deuxième temps, de reprendre Boukamal», une ville de 50 000 habitants, avait-il affirmé mardi.

Ce poste-frontière, qui fait face à Al-Qaïm côté irakien, est aux mains de l'EI depuis juin 2014. En Irak, le groupe djihadiste est posté le long de la frontière dans la province d'Al-Anbar où il a perdu le 26 juin le contrôle de l'un de ses principaux fiefs, Fallouja.

Alors que les combattants de la NAS s'approchaient de Boukamal l'Etat islamique a décapité cinq jeunes hommes les accusant de travailler pour le compte de la rébellion soutenue par les Etats-Unis, selon l'OSDH. En mars, l'Etat islamique avait perdu le contrôle d'un autre point de passage situé à la frontière irakienne, celui d'Al-Tanaf.

Depuis le 31 mai, une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis - Les Forces démocratiques syriennes (FDS) - mène une vaste offensive dans le nord pour prendre Minbej, autre fief vital de l'EI situé sur la route de ravitaillement des djihadistes entre la frontière turque et Raqa, leur capitale de facto en Syrie.