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L’émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, échange avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Muallem, le 11 avril 2016, à Damas.
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Moyen-Orient

Syrie: les négociations reprennent, la trêve vacille

L'envoyé spécial de l'ONU reçoit en fin d'après-midi la délégation de l'opposition sur fond de regain de violence. Le régime syrien organise ce mercredi des élections législatives

Les négociations de paix sur la Syrie reprennent aujourd’hui à Genève. L’émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, recevra en fin d’après-midi la délégation de l’opposition venue de Riyad, en Arabie saoudite. Les négociateurs du régime syrien ne sont attendus que vendredi à Genève. La raison invoquée est les élections législatives que le président Bachar el-Assad a convoquées ce mercredi.

Le scrutin de mercredi est rejeté autant par l’opposition que par les pays occidentaux qui y voient un simulacre de démocratie. Cela montre à quel point le régime est «coupé de la réalité», a dénoncé à Genève un porte-parole du gouvernement britannique. «C’est seulement quand un organe de transition aura été mis en place et que les combats auront cessé qu’il sera possible d’organiser des élections libres et équitables», a-t-il poursuivi. La Russie, qui est intervenue militairement aux côtés de Bachar el-Assad, est évidemment plus mesurée. Ces élections «visent à ne pas laisser vide la sphère du pouvoir syrien», a estimé le ministre des Affaires étrangères russes Serguei Lavrov.

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Cette échéance électorale ne fait pas partie de la feuille de route établie par l’ONU qui prévoit de nouvelles élections législatives et présidentielles au terme d’une période de transition de 18 mois. Le compte à rebours a commencé le 14 mars.

Espoir limité

C’est la troisième fois que les négociateurs des deux camps se retrouvent à Genève depuis février. Pour l’instant, ils se sont toujours entretenus séparément avec Staffan de Mistura. L’espoir d’une percée est limité. D’autant que la trêve, plus ou moins respectée depuis son entrée en vigueur le 27 février, vacille. «Il n’y a jamais eu autant de violations depuis février que ces derniers jours», s’inquiète un diplomate occidental.

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Les Américains et les Russes, parrains du processus de paix, se réunissent deux fois par semaine à Genève pour faire le point sur les violations du cessez-le-feu et tenter d’empêcher la reprise de la guerre. Après avoir enregistré des progrès, l’acheminement d’aide humanitaire aux villes assiégées piétine. Le même diplomate attribue ces blocages de même que le regain de violence au régime syrien. Le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda qui est exclue du cessez-le-feu, tente elle aussi de pousser les autres branches de la rébellion de reprendre les combats.

L’importance d’une avancée politique

La situation s’est particulièrement dégradée autour d’Alep, la seconde ville du pays tenue en partie par les rebelles. Le premier ministre syrien a même annoncé une offensive massive pour reprendre la ville. Lors du premier round de négociation de Genève, l’armée syrienne avait tenté en vain d’encercler les rebelles d’Alep avec le soutien massif de l’aviation russe. Cette offensive avait conduit à la suspension des négociations, puis à l’accord de cessation des hostilités imposée par Moscou et Washington.

Il semble de plus en plus évident à tous les acteurs que la trêve ne tiendra pas sans avancée politique. Staffan de Mistura a répété que la transition était la question la plus importante. L’opposition n’envisage pas que Bachar el-Assad puisse faire partie de l’avenir de la Syrie. La délégation du gouvernement ne sera pas de cet avis. L’envoyé de l’ONU devra déployer des trésors de patience pour qu’elle explique comment elle envisage cette transition et trouver des points de convergences. «Il est évident que Bachar el-Assad ne va pas décider du jour au lendemain de quitter le pouvoir, poursuit le diplomate occidental. Il faudra lui montrer la porte de sortie.»

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