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En Syrie, une trêve humanitaire décrétée par Moscou entre en vigueur

Partenaire des forces du régime, la Russie concède une trêve de cinq heures ce mardi matin dans la Ghouta

Une trêve humanitaire quotidienne de cinq heures annoncée par la Russie est entrée en vigueur mardi en Syrie, notamment dans la Ghouta orientale, enclave rebelle assiégée cible depuis neuf jours d'une violente campagne aérienne du régime ayant fait plus de 560 victimes civiles.

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Selon un correspondant de l'AFP à Douma, la plus grande ville du fief rebelle situé aux portes de Damas, ainsi que l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la nuit a été calme dans l'ensemble. Quelques tirs d'artillerie ont été enregistrés juste avant l'entrée en vigueur de la trêve, censée être appliquée quotidiennement pendant cinq heures, selon Moscou.

Mise en place de «couloirs humanitaires»

La pause humanitaire est censée être appliquée quotidiennement pendant cinq heures, entre 09h00 et 14h00 locales, selon Moscou, allié du régime syrien. Des «couloirs humanitaires» seront également mis en place pour permettre l'évacuation des civils, a annoncé lundi le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

L'annonce russe et l'arrêt partiel des bombardements sont intervenus alors que l'ONU et plusieurs puissances occidentales avaient demandé l'application immédiate d'une résolution du Conseil de sécurité, restée jusque-là lettre morte, réclamant une trêve «sans délai» de 30 jours dans toute la Syrie.

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«Cette trêve est une farce»

Selon des habitants de la Ghouta orientale, dernière poche de résistance au régime de Bachar al-Assad aux portes de la capitale, la décision de Moscou est toutefois de la poudre aux yeux.

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«Cette trêve est une farce, la Russie nous tue tous les jours et nous bombarde tous les jours», affirme Samer al-Bouydani, un habitant de Douma. «Je ne peux pas faire confiance à ses auteurs pour quitter (la Ghouta) avec ma famille (à travers les couloirs). Si j'accepte de sortir, (le régime) m'enrôlera immédiatement dans l'armée pour combattre d'autres Syriens».

Pénurie de nourriture et de médicaments

Assiégée depuis 2013, la Ghouta orientale et ses quelques 400 000 habitants subissent, en sus des bombardements, pénuries de nourritures et de médicaments.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), plus de 700 personnes ont besoin d'une évacuation médicale urgente, tandis que 12% des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent d'une sous-alimentation sévère et un enfant sur trois d'un retard de croissance.

La dernière offensive menée par le régime et son allié russe a mis hors d'état plusieurs hôpitaux de l'enclave et engendré un bond des prix des aliments de première nécessité, y compris celui du pain, qui a été multiplié par 25 durant le mois de février, selon l'Ocha.

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