Présidentielle

Les Syriens de France privés de vote, ceux de Suisse aussi

La France a interdit aux Syriens établis sur son territoire de participer à la réélection assurée de Bachar el-Assad. Damas n’a pas organisé de vote depuis la Suisse

La diaspora syrienne vote ce mercredi pour réélire le président Bachar el-Assad, qui fait face à deux candidats agréés par le régime. Le scrutin aura lieu en Syrie mardi 3 juin mais uniquement dans les zones contrôlées par le gouvernement. A l’étranger, seule une minorité de Syriens se sont inscrits sur les listes électorales dans les ambassades. A l’image de la France, plusieurs pays européens ont interdit à leurs résidents de participer au scrutin qualifié de «farce». En Suisse, au contraire, ce sont les autorités syriennes qui ont pris la décision de ne pas organiser de vote.

Le consulat à Genève est la seule représentation syrienne en Suisse. «Aucun centre de vote n’a été prévu. Je ne peux pas vous en donner les raisons. Nous n’avons pas plus de détails», finit par lâcher le fonctionnaire au bout du fil.

Sur les trois millions de réfugiés ou expatriés syriens à l’étranger, seuls 200 000 d’entre eux se sont inscrits sur des listes électorales dans 38 ambassades, selon les informations communiquées par le régime de Damas. «Un chiffre relativement acceptable si nous tenons compte du fait que la France, l’Allemagne et la Belgique ont interdit aux citoyens syriens» de voter, estime une source au Ministère des affaires étrangères citée par le quotidien Al-Watan.

La France est la première à avoir interdit le vote dès la mi-mai. Le Quai d’Orsay invoquait la Convention de Vienne sur les relations consulaires et expliquait que seule la désignation d’un «organe de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs», sous-entendu sans Bachar el-Assad, pourrait ramener la paix en Syrie.

Des arguments qui font bondir l’avocat français Damien Viguier, qui a son étude à Saint-Genis-Pouilly, juste de l’autre côté de la frontière genevoise. «La Convention de Vienne vise justement à protéger les services consulaires et l’organisation d’un scrutin pour les citoyens à l’étranger en fait partie», explique-t-il. L’avocat a fait recours contre la décision de Paris devant le Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative française, pour le compte de 19 Syriens privés de leur droit de vote. Un recours qui a été repoussé vendredi dernier.

Mercredi à la mi-journée, les autorités syriennes annonçaient que les opérations de vote étaient prolongées de plusieurs heures face à l’afflux d’électeurs dans plusieurs ambassades. L’affluence a provoqué des embouteillages à Beyrouth, la capitale libanaise, un pays qui accueille un million de réfugiés syriens. L’agence de presse officielle syrienne se réjouissait des votes des Syriens en Russie et en Iran, les plus sûrs alliés de Damas, ou en Corée du Nord.

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