Ce jour-là, Wang Dan est passé entre les mailles du filet. La mission de Chine auprès des Nations unies à Genève avait remis une liste de 15 noms au service de sécurité de l’ONU pour leur interdire l’accès à la session du Conseil des droits de l’homme de ce mois de mars. Il était une nouvelle fois ciblé. On le retrouve, fatigué, dans une petite pièce adjacente à la salle du Conseil au Palais des Nations. «Cela reste très sensible d’évoquer ce qui s’est passé en 1989 pour les Chinois, même à l’étranger, explique-t-il. Tiananmen a disparu de l’histoire, c’est le plus grand tabou politique. Trente ans après, il est temps de rétablir cette mémoire.»

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