Afghanistan

Talibans et responsables afghans se rencontreront dimanche au Qatar

Une précédente tentative de discussions bilatérales avait échoué. Les objectifs de cette rencontre seront de parvenir à un règlement politique et de mettre fin à la présence militaire américaine

Des responsables afghans et des talibans vont se rencontrer à partir de dimanche au Qatar pour tenter une nouvelle fois de parvenir à un règlement politique, ont annoncé lundi des responsables allemands et américains.

Six personnes ont été tuées lundi et des dizaines d'autres blessées par l'explosion d'une voiture piégée conduite par un kamikaze, suivie de l'irruption d'hommes armés dans un bâtiment du centre de Kaboul, une attaque revendiquée par les talibans.

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Les responsables afghans présents «en leur qualité personnelle»

Les talibans refusent de négocier avec le président Ashraf Ghani et une précédente tentative de ramener les deux parties à la table des discussions a échoué après un désaccord sur les participants.

L'Allemagne, qui joue un rôle-clé dans le soutien international au gouvernement afghan, et le Qatar, qui a des contacts avec les talibans, ont indiqué avoir envoyé des invitations pour un dialogue à Doha dimanche et lundi. Les responsables afghans «participeront seulement en leur qualité personnelle et sur un pied d'égalité», a déclaré Markus Potzel, le représentant spécial allemand pour l'Afghanistan et le Pakistan, dans un communiqué publié lundi par les Etats-Unis.

«L'Afghanistan est à un moment crucial où il a l'opportunité de faire des progrès vers la paix», a-t-il ajouté. «Une composante essentielle de tout processus menant vers cet objectif sera un échange direct entre Afghans.»

Des discussions en cours à Doha

Zalmay Khalilzad, le négociateur américain qui a tenu plusieurs rounds de discussions avec les talibans, principalement au Qatar, a affirmé que le dialogue était une partie essentielle de tout accord de paix.

«S'accepter les uns les autres, chercher le consensus et accepter de résoudre les différends politiques sans violence, c'est ce que l'on doit apprendre de la tragédie des 40 dernières années», a dit Zalmay Khalilzad, en référence aux conflits qui déchirent l'Afghanistan depuis l'invasion soviétique de 1979.

Le président américain Donald Trump a par ailleurs affirmé dans un entretien diffusé lundi qu'il comptait garder une «très forte» présence du renseignement en Afghanistan après le retrait des troupes américaines, qualifiant ce pays de «Harvard pour terroristes».

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Depuis samedi, des discussions de paix sont de nouveau en cours à Doha entre les insurgés afghans et des représentants américains. Elles portent sur quatre points principaux: le retrait des troupes américaines, l'assurance que l'Afghanistan ne servira pas de refuge à des groupes insurgés voulant attaquer d'autres pays, un dialogue inter-afghan et un cessez-le-feu permanent. Si les deux parties semblent s'accorder sur les deux premiers points, les insurgés freinent sur les deux suivants.

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