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Dans une vidéo postée mercredi soir sur la page Facebook de son comité de soutien #Free Tariq Ramadan, Iman Ramadan a pris la parole pour dénoncer les accusations de viol portées contre son mari.
© STEPHANE MAHE/Reuters

France

Tariq Ramadan reçoit le soutien public de son épouse

Iman Ramadan, l’épouse de l’islamologue suisse, a pris jeudi la défense de son mari dans une vidéo postée sur Internet. Le maintien de ce dernier en détention malgré son état de santé prouve, selon elle, «qu’il a été désigné coupable»

La pression s’accentue sur la justice française pour permettre à Tariq Ramadan de sortir de prison, après presque trois semaines d’incarcération. En plus de ses multiples demandes de remise en liberté, justifiées par ses avocats en raison de son état de santé – il souffrirait de sclérose en plaques, et une expertise médicale a été demandée jeudi –, l’islamologue suisse a reçu le soutien public de son épouse.

Dans une vidéo postée mercredi soir sur la page Facebook de son comité de soutien #Free Tariq Ramadan, Iman Ramadan a, pour la première fois, pris la parole pour dénoncer les accusations de viol portées contre son mari et pour contester la nécessité de son maintien en prison.

Un homme «juste et bon»

Estimant que celui-ci «a été désigné coupable dès le début» et qu’il «est victime d’un lynchage médiatique et de la pression politique qu’on exerce sur lui», l’épouse jusque-là silencieuse affirme que ni elle ni leurs quatre enfants n’ont été autorisés à le revoir depuis sa convocation par la police le 31 janvier. Elle prend soin, lors de son intervention, de dresser le portrait d’un homme «juste et bon». «Je crois fondamentalement en son innocence.

Dans une histoire de viol, si sa femme n’est pas à côté de lui, c’est insupportable», poursuit-elle, sur un ton calme, foulard bleu sur les cheveux. «Pour moi, c’est une évidence d’être là. C’est un honneur de l’accompagner.» Une demande de remise en liberté a aussi été formulée jeudi par le Collectif contre l’islamophobie en France.

Des témoignages supplémentaires

A l’issue de sa convocation par la police, à laquelle il avait répondu volontairement, Tariq Ramadan, 55 ans, a d’abord été placé en garde à vue pendant presque 48 heures, puis en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis où il est, selon la presse française, incarcéré dans une aile réservée aux personnalités médiatiques. Un régime particulièrement sévère imposé par le juge des libertés et de la détention au nom de la prévention d’un éventuel délit de fuite à l’étranger, des possibles pressions sur les plaignantes qui l’accusent de viol et du souci d’éviter «le trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public provoqué par la gravité de l’infraction» que pourrait engendrer son élargissement.

La détention provisoire est assez régulièrement imposée en cas de viol, a expliqué au Temps une source judiciaire française. Une telle mesure vise notamment à permettre aux enquêteurs d’obtenir d’autres témoignages que ceux des plaignantes initiales. Ce qui semble être le cas puisque plusieurs personnes ont été auditionnées, dont certaines sous X, depuis le 31 janvier. La garde à vue initiale est le résultat de deux plaintes pour des faits survenus en 2009 et 2012, que Tariq Ramadan aurait nié en bloc durant son audition.

En réponse à cette incarcération, les avocats de Tariq Ramadan ont, eux, proposé qu’il remette ses deux passeports (suisse et égyptien) à la police française et affirment que leur client serait disposé à porter un bracelet électronique. S’il devait néanmoins se rendre en Suisse à l’issue de sa libération – sa résidence principale est située en France voisine –, le natif de Genève ne serait pas totalement à l’abri d’une extradition, même si la Confédération «se réserve le droit de la refuser pour ses ressortissants».

Un cinéaste sous les projecteurs

Dans un autre cas célèbre survenu sur le territoire Suisse, Berne avait refusé en juillet 2010 l’extradition vers les Etats-Unis du franco-polonais Roman Polanski. Celui-ci avait été arrêté en septembre 2009 à Zurich à la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt américain, 31 ans après avoir fui son procès pour relation sexuelle avec une mineure, qui avait ensuite retiré sa plainte. Le cinéaste avait été d’abord incarcéré, puis assigné à résidence dans son chalet de Gstaad, moyennant le paiement d’une caution. Il avait ensuite rejoint la France. De nouvelles accusations de viol ont été, ces derniers mois, portées contre lui.

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