Les terroristes qui ont provoqué un carnage à Bombay du 26 au 29 novembre (163 morts et 9 assaillants tués) ont recouru dans une large mesure aux nouvelles technologies pour mettre en pratique leur plan contre des hôtels très fréquentés par les Occidentaux au sud de la capitale économique de l’Inde. Comme le souligne le International Herald Tribune mercredi, les terroristes ont utilisé des GPS et des téléphones satellitaires pour mener leur opération. Ils se sont aussi orientés vers les cibles de la manière la plus directe en étudiant en détail des photos prises de Google Earth.

Informés via Skype

Les commanditaires des attentats (dont deux dirigeants ont été arrêtés au Pakistan, a confirmé Islamabad mercredi), sont soupçonnés de provenir de la mouvance de l’islam radical pakistanaise Lashkar-e-Taïba. Ils ont apparemment regardé en direct l’opération se dérouler devant eux à la télévision et ont pu informer les terroristes de la manière dont les forces de l’ordre indiennes organisaient la riposte. Pour ce faire, ils ont surtout recouru à la téléphonie via Internet (Skype). Ce mode de communication a fortement compliqué la tâche des autorités indiennes pour identifier les lieux d’appel et les identités des personnes qui téléphonaient, en particulier les cerveaux des attentats probablement basés au Pakistan. Dans ce cas, les écoutes téléphoniques traditionnelles ne fonctionnent pas. Les adresses IP changent fréquemment et sont moins liées à une adresse fixe. A la mi-octobre, un rapport de l’armée américaine ne manquait pas de souligner que les islamistes radicaux, notamment les talibans en Afghanistan, utilisent de façon croissante la téléphonie via Internet, dont Skype.

Si le recours par les terroristes à cette nouvelle technologie a ralenti la capacité de riposte des autorités indiennes, la téléphonie via Internet comporte tout de même un avantage pour la police. Elle laisse derrière elle une base de données à la disposition des enquêteurs beaucoup plus riche que les informations généralement récoltées grâce à la téléphonie mobile. Depuis samedi dernier, 16 personnes liées au Lashkar-e-Taïba ont déjà été arrêtées.