Le porte-parole des négociateurs iraniens, Hossein Moussavian, a répété mardi que l'Iran ne renoncerait pas à l'enrichissement de l'uranium, à la veille de nouvelles discussions cruciales avec la troïka européenne, prévues ce mercredi à Paris. «Le cycle du combustible nucléaire est le droit légitime de l'Iran, qui n'est pas prêt à y renoncer en échange de quelque avantage que ce soit», a-t-il déclaré à la radio d'Etat. «S'il y a des progrès dans les négociations, alors nous continuerons (les discussions) pendant trois mois, mais s'il n'y a pas de progrès, alors l'Iran révisera sa position» sur les négociations nucléaires avec les trois grands pays européens, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, a-t-il ajouté.

En novembre 2004, l'Iran a accepté la suspension de toutes ses activités liées à l'enrichissement ou au retraitement de l'uranium contre une promesse de l'Union européenne d'une coopération technologique et commerciale. Mais Téhéran refuse d'y renoncer totalement, comme l'exige l'UE, faisant valoir qu'il y était autorisé par le Traité de non-prolifération qu'il a signé et que son programme nucléaire avait une vocation civile et non militaire.

Interrogé à propos des déclarations du directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradei, qui a appelé lundi les Etats-Unis à donner des assurances à Téhéran en matière de sécurité, Hossein Moussavian a affirmé que l'Iran n'avait pas besoin de telles assurances. Les Etats-Unis, qui n'ont pas complètement exclu une frappe militaire contre l'Iran, appuient désormais les efforts de la troïka européenne visant à convaincre Téhéran de renoncer à l'arme nucléaire. Le président George Bush a toutefois déclaré qu'il était prêt à transmettre le dossier du nucléaire iranien au Conseil de sécurité de l'ONU si Téhéran n'arrêtait pas «définitivement l'enrichissement et le retraitement d'uranium».

Enfin, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a annoncé mardi, lors d'une rencontre avec des membres du Congrès américain, qu'Israël n'avait pas l'intention d'attaquer les installations nucléaires iraniennes.