Ici, le bureau de l’ambassadeur; là, la «chambre de cristal» où les murs en plexiglas et en aluminium rendaient inaudibles les conversations. Et ici, le Saint des Saints: la salle des communications emplie d’appareils de toute sorte, et notamment des machines de cryptage, développées par la National Security Agency (NSA). Hamid (prénom d’emprunt) est ici comme à la maison. Voilà deux ans qu’il dévoile aux visiteurs les astuces de ces roublards d’Américains, dans ce bâtiment devenu l’une des pièces maîtresses de l’arsenal de propagande de la République islamique d’Iran. Les visiteurs, au demeurant, ne sont guère nombreux par les temps qui courent, entre la quasi-guerre avec les Etats-Unis, la destruction par erreur d’un Boeing au-dessus de Téhéran, le coronavirus et la répression des contestations. Qu’à cela ne tienne: le guide ne se départit pas de sa courtoisie. Bienvenue dans l’ancienne ambassade américaine de Téhéran ou, pour reprendre son petit nom officiel, dans «la tanière des espions».