Ici, le bureau de l’ambassadeur; là, la «chambre de cristal» où les murs en plexiglas et en aluminium rendaient inaudibles les conversations. Et ici, le Saint des Saints: la salle des communications emplie d’appareils de toute sorte, et notamment des machines de cryptage, développées par la National Security Agency (NSA). Hamid (prénom d’emprunt) est ici comme à la maison. Voilà deux ans qu’il dévoile aux visiteurs les astuces de ces roublards d’Américains, dans ce bâtiment devenu l’une des pièces maîtresses de l’arsenal de propagande de la République islamique d’Iran. Les visiteurs, au demeurant, ne sont guère nombreux par les temps qui courent, entre la quasi-guerre avec les Etats-Unis, la destruction par erreur d’un Boeing au-dessus de Téhéran, le coronavirus et la répression des contestations. Qu’à cela ne tienne: le guide ne se départit pas de sa courtoisie. Bienvenue dans l’ancienne ambassade américaine de Téhéran ou, pour reprendre son petit nom officiel, dans «la tanière des espions».

Le jeune Hamid s’est pris de passion pour son sujet. Il connaît de mémoire le prénom et le nom des 52 Américains qui furent pris en otage ici durant 444 jours, entre 1979 et 1981, provoquant une crise insurmontable avec les Etats-Unis. Les machines de cryptage ont été vidées de leurs secrets par les otages, mais Hamid a lu toutes les études américaines sur le sujet, visionné le film américain Argo qui traite d’un aspect de cette question. Bref, il est incollable sur cette histoire.