«Nous sommes en train d’achever le décryptage des codes du drone, et la prochaine étape sera la reproduction de l’appareil, a affirmé Parviz Sorouri, responsable de la sous-commission parlementaire pour la sécurité nationale. Dans un avenir proche, nous serons capables de le produire en série», a ajouté le parlementaire en affirmant que la version iranienne du drone serait même supérieure à l’appareil américain.

Téhéran a annoncé que ses unités de guerre électronique avaient pris, le 4 décembre, le contrôle d’un RQ-170 Sentinel ayant pénétré à l’intérieur du territoire iranien depuis l’Afghanistan, et l’avaient fait atterrir sans dommages majeurs à 250 km de la frontière dans la région désertique de Tabas (nord-est).

La télévision iranienne a diffusé jeudi des images présentées comme celles de cet appareil ultra-sophistiqué qui aurait été, selon la presse américaine, en mission de surveillance des sites nucléaires iraniens pour les services de renseignements américains CIA au moment de l’incident.

Washington s’est inquiété à plusieurs reprises depuis 2010 du développement des drones iraniens et de leur impact sur la sécurité des forces américaines dans la région.

Les Iraniens capables de casser les codes sans aide

M. Sorouri a estimé que l’Iran allait acquérir des informations importantes concernant les techniques d’espionnage américaines lorsque les codes auront été cassés. «Je ne peux pas dire quand cela interviendra, mais nous sommes sur la bonne voie», a-t-il ajouté.

Le responsable parlementaire a par ailleurs affirmé que Téhéran n’avait pas besoin de l’aide de la Russie ou de la Chine pour copier le drone américain, et que les deux pays, qui sont avec la Corée du Nord les principaux pourvoyeurs d’armement et de technologie militaire à l’Iran, ne seront pas impliqués dans l’examen de l’appareil et sa reproduction par l’Iran. «Nous allons nous réserver cette grande capacité défensive (nouvelle), que nous ne sommes pas prêts à partager avec d’autres pays», a-t-il affirmé.

Téhéran a annoncé en 2010 travailler sur un programme de drones d’observation ou d’attaque furtifs, sans donner de détails sur les performances de ces appareils ou l’état d’avancement du projet censé aboutir en 2011.

«Nous avons déjà développé des drones utilisant les technologies furtives, que nous avons testés avec les meilleurs radars», avait déclaré la semaine dernière le général Hossein Salami, commandant en chef adjoint des Gardiens de la révolution. Il n’a donné aucune précision mais n’a pas hésité à affirmer que l’Iran était le second pays au monde pour la technologie des avions sans pilotes après les Etats-Unis.

Des responsables américains ont toutefois exprimé des doutes sur la capacité de l’Iran, redoutée par certains experts occidentaux, à exploiter technologiquement l’appareil qu’il a capturé.

Les technologies américaines sont remarquablement avancées, et il n’est pas sûr que les Iraniens disposent de l’expertise nécessaire pour percer les secrets du drone, adéclaré la semaine dernière à l’AFP l’un de ces responsables, sous couvert d’anonymat.

Le RQ-170 Sentinel, construit par la firme américaine Lockheed-Martin, est un drone d’observation de très haute altitude ultra secret, dont l’existence n’a été confirmée qu’en 2010 par l’US Air Force.