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Russian TV personality Ksenia Sobchak arrives for a trial of Russian theatre director Kirill Serebrennikov, who was accused of embezzling state funds and placed under house arrest, in Moscow, Russia October 17, 2017. Picture taken October 17, 2017…

Campagne présidentielle

La télé-réalité s’invite dans la présidentielle russe

La candidature surprise de l’animatrice télé Ksenia Sobtchak donne une seconde chance au camp démocratique. A moins qu’il ne s’agisse d’une ruse du Kremlin pour attirer la jeunesse dans les bureaux de vote

La fille de l’ancien mentor de Vladimir Poutine a introduit un élément spectaculaire dans une campagne présidentielle qui s’annonçait terne en se lançant dans la course mercredi soir. Ancienne vedette de la télé-réalité (comme Donald Trump) devenue égérie de la bourgeoisie libérale moscovite, Ksenia Sobtchak, 35 ans, est un personnage haut en couleur tranchant avec les autres candidats au poste suprême, qui n’ont guère changé depuis les années 90.

Dépourvue de programme, elle entend dynamiter le scrutin avec un slogan se résumant à «voter contre tous». La candidature de Ksenia Sobtchak n’est adossée à aucun parti existant et l’on ignore à peu près tout de son équipe. Seul Vitali Chkliarov, un politologue russe connu pour avoir participé l’année dernière à la campagne du candidat démocrate Bernie Sanders, a reconnu y collaborer. Les contours de l’équipe seront dévoilés mardi prochain lors d’une conférence de presse.

Personnage controversé

Personnage controversé et à multiples facettes, Ksenia Sobtchak anime une émission politique sur une chaîne indépendante câblée, dirige la version russe du magazine L’Officiel et mène des affaires qui l’ont rendue multimillionnaire. Elle est par ailleurs la fille d’Anatoli Sobtchak, l’ancien maire de Saint-Pétersbourg, qui a lancé Vladimir Poutine en politique. Elle dispose ainsi d’un accès direct au chef de l’Etat, un intime de sa famille depuis deux décennies.

Avant qu’elle puisse entrer officiellement dans la course au Kremlin, sa candidature doit être validée par la commission électorale centrale. Une condition essentielle consiste à présenter 300 000 signatures de soutien venant d’au moins 40 régions de Russie. La collecte exige un effort financier significatif et offre au Kremlin un moyen facile de filtrer les candidats. Dans le passé, des candidats déplaisant au pouvoir ont été rejetés pour avoir présenté de «fausses signatures». Le passage de ce test confirmera si oui ou non Ksenia Sobtchak sied à Vladimir Poutine.

Exclusion définitive d’Alexeï Navalny

L’autre défi de Ksenia Sobtchak consiste à convaincre que son projet politique est indépendant et sincère. Lorsque l’hypothèse de sa candidature a surgi le 1er septembre dernier, elle apparaissait déjà comme pilotée par l’administration présidentielle, un organe contrôlant de facto la quasi-totalité du paysage politique russe, des médias jusqu’au choix des candidats en passant par la commission électorale et le parlement.

Lire aussi: Alexeï Navalny débusque un somptueux manoir secret de Vladimir Poutine

L’annonce de Ksenia Sobtchak intervient au lendemain de l’exclusion définitive du candidat naturel de l’opposition démocratique, Alexeï Navalny, par la présidente de la commission électorale, Ella Pamfilova, en raison d’une condamnation à 5 ans de prison avec sursis pour fraude. La Cour européenne des droits de l’homme a dénoncé cette condamnation comme «infondée» et «politiquement motivée».

Lire également: «Il n’y a pas qu’Alexeï Navalny dans l’opposition russe»

Relever le taux de participation au scrutin

La probabilité que Ksenia Sobtchak gêne la réélection de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat le 18 mars prochain est nulle. Mais elle pousse dans le fossé Alexeï Navalny et pourrait aider le Kremlin à relever le taux de participation au scrutin. Les partisans d’Alexeï Navalny ont réagi très négativement à l’initiative de leur ancienne alliée. La dynamique de leur rivalité constitue toutefois un phénomène inédit et imprévisible.

Il n’est pas exclu qu’au-delà des apparences, ils forment un tandem: la première au sein du système, l’autre en dehors, dans une posture de confrontation radicale au pouvoir. Sans pouvoir bouter Vladimir Poutine hors du Kremlin, une coordination astucieuse pourrait briser ses prétentions unanimistes et saboter à terme sa légitimité tant auprès de l’élite qu’auprès de la population.

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