Pas trop tard mais pas trop tôt non plus. Alors que les 27 ont commencé à annoncer leurs stratégies de sortie du confinement, la Commission a tenté mercredi de montrer qu’elle agissait dans les temps, tout en évitant d’adresser le signal que le confinement peut désormais prendre fin.

Lire aussi: Berlin annonce un timide déconfinement

C’est donc en marchant sur des œufs que sa présidente, Ursula von der Leyen, a conseillé aux 27 de lever graduellement leurs mesures en s’assurant que le pays ne connaît plus de propagation virulente du virus et en se basant pour cela sur des statistiques prouvant que le nombre d’hospitalisations et de nouvelles infections diminue.

Avec plus de 80 000 morts à eux seuls, les pays européens doivent aussi s’assurer qu’en cas de résurgence de l’épidémie, ils auront suffisamment de lits d’hôpitaux pour y faire face et, troisième volet, les Etats membres sont priés d’assouplir ou de sortir de ces mesures de confinement s’ils disposent de larges capacités de tests dans la population mais aussi de systèmes de traçage et de disponibilités pour reconfiner des populations particulièrement à risques.

Un mot d’ordre: la coordination

Il faudra aussi dans l’idéal laisser un espace d’un mois entre chaque mesure de déconfinement et se graver un mot d’ordre: la coordination; la réussite des déconfinements reposant largement sur la communication entre voisins. Les 27 sont donc invités à se notifier leurs intentions.

Une communication qui «va dans le bon sens», commente sans effusion particulière un diplomate d’un Etat membre qui souhaite rappeler que ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement qui ont demandé ce plan lors de leur sommet du 26 mars avec l’idée «de mieux réussir la sortie que l’entrée dans la crise». Et c’est à eux d’abord de déterminer le calendrier.

Lire également : En Autriche, un redémarrage prudent

Fait cruel pour l’équipe von der Leyen: c’est presque dans une certaine indifférence que cette stratégie a été présentée car les Etats membres ne l’ont pas attendue pour dévoiler leurs plans. L’Autriche a été la première à s’avancer sur ce terrain il y a déjà dix jours et a même rouvert ses commerces cette semaine. Le Danemark a fait reprendre aux élèves le chemin de l’école et la France, l’Allemagne, la Belgique ont aussi déjà rendu publiques leurs dates de déconfinement, le 11 mai pour Paris et le 3 mai pour Berlin et Bruxelles.

Un marché intérieur «abîmé»

Pour les 27, qui ont alimenté la stratégie de la Commission, le plus grand risque à ce stade semble toutefois reposer sur l’absence de coordination et de communication entre les pays voisins alors que tous ne prendront pas les mêmes mesures au même moment. C’est aussi valable pour la Suisse qui devra «absolument informer» ses voisins de ses intentions, prévient une source française.

En mars, la succession de mesures unilatérales aux frontières avait largement ralenti le commerce des marchandises et le transport de biens essentiels. Or avec les outils ficelés par l’Eurogroupe ou le futur grand plan de relance annoncé, c’est aussi par la bonne santé de ce marché intérieur que se fera la reprise économique. Un marché intérieur «abîmé» par la crise, a concédé mercredi Charles Michel, le président du Conseil européen, et qu’il faut aujourd’hui absolument «réparer».

Lire encore: Face à la seconde vague de contamination, l’Asie oscille entre restrictions et assouplissement