Le négociateur iranien sur les questions nucléaires, Ali Larijani, et le haut représentant de la diplomatie européenne, Javier Solana, ont entamé mercredi une rencontre de deux jours à Ankara.

Ali Larijani a exprimé à son arrivée à Ankara l'espoir que ses discussions avec l'envoyé de l'Union européenne servent à évaluer de «nouvelles idées» qui pourraient être mises sur la table pour sortir le dossier nucléaire de l'impasse. Javier Solana, de son côté, a espéré que la rencontre permette «d'avancer sur la voie de discussions préparatoires qui puissent conduire le plus tôt possible à des négociations sérieuses». Il a confié aux journalistes à son arrivée à la réunion qu'il venait à ces discussions avec «une attitude constructive».

Chance supplémentaire

A la veille de cette nouvelle rencontre - la dernière entre les deux hommes remonte au 11 février à Munich -, les Etats-Unis, l'UE, la Russie et la Chine se sont dits prêts à accorder à l'Iran une chance supplémentaire de mettre fin progressivement à son programme nucléaire controversé, ont indiqué sous couvert d'anonymat des diplomates.

L'un des compromis évoqués - mais qui est loin de recueillir l'adhésion de Washington - serait d'obtenir que l'Iran déclare un moratoire sur ses activités d'enrichissement en acceptant de ne pas passer au stade de la production industrielle d'uranium enrichi et de se contenter de poursuivre le stade expérimental de cette production. Un tel moratoire pourrait ensuite être accepté comme une base pour de nouvelles discussions avec Javier Solana et la promesse d'un gel des sanctions décrétées par le Conseil de sécurité de l'ONU contre l'Iran.

Des responsables européens ont affiché leur scepticisme sur la possibilité d'une véritable avancée, l'Iran restant sourd aux appels du Conseil de sécurité de l'ONU qui a imposé, à deux reprises déjà, des sanctions à Téhéran et a menacé de passer au stade des sanctions économiques internationales.