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La terrible prison de Rikers Island

Dans l’immense établissement pénitentiaire installé sur une île de l’East River, le directeur du FMI a droit à une petite cellule individuelle

Même au pays du Big, les chiffres de la principale prison de New York donnent le vertige. De 12 000 à 14 000 détenus, surveillés par 7000 gardiens aidés de 1500 civils, répartis dans une dizaine de bâtiments – c’est la plus grande prison américaine, voire du monde, qui peut théoriquement recevoir jusqu’à 17 000 prisonniers. Une ville dans la ville, installée sur une île de l’East River, entre Queens et Bronx, visible lorsqu’on atterrit à La Guardia, et qui accueille accusés en attente de jugement, immigrés en situation irrégulière en attente d’être expulsés, et condamnés à des peines inférieures à un an d’emprisonnement.

Avant Dominique Strauss-Kahn, le rappeur Lil Wayne, récompensé par un Grammy Award, est passé par là. Sur Rikers Island, les gangs sont puissants, et la vie violente. La chronique toute récente relate des gardiens eux-mêmes condamnés à la prison pour avoir forcé des détenus à en battre d’autres, ou ce dédommagement de 500 000 dollars versé par l’administration pénitentiaire à la famille d’un détenu tué par des compagnons de cellule. Quatre détenus de Rikers Island sur dix y reviendront comme récidivistes, et 28% reçoivent des soins psychiatriques, selon une étude sociologique de 2009. Un documentaire de NBC diffusé en 2010 et visible sur le Web montre des images saisissantes de couloirs sans fin, de cellules surpeuplées et du bruit infernal dans ces vieux bâtiments dont certains n’ont pas beaucoup changé depuis leur construction en 1935.

Le directeur général du FMI a lui été installé dans le plus petit bâtiment de l’île, réservé aux prisonniers contagieux, dans une petite cellule individuelle.

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