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Des policiers près des lieux de l’attaque, à Paris, le 12 mai 2018.
© ETIENNE LAURENT / EPA

Attentat

Le terrorisme frappe de nouveau la France

L’attaque survenue samedi soir à Paris démontre que la France reste la cible prioritaire de Daech. Fait inédit: l’origine tchétchène du tueur

Preuve de l’apparition d’une nouvelle filière terroriste ou acte d’un individu fiché «S» embrigadé par sa fréquentation des réseaux islamistes radicaux? Les informations disponibles sur Khamzat Azimov, auteur de l’attaque survenue samedi soir à Paris près de l’Opéra (1 mort, quatre blessés) ne permettaient pas, dimanche, de répondre précisément à cette question.

Naturalisé Français en 2010

Né en novembre 1997 en Tchétchénie, entre les deux phases de la guerre dévastatrice qui a opposé les forces russes aux indépendantistes de cette république du Caucase, l’homme – tué par la police après son agression meurtrière au couteau – avait grandi à Strasbourg, dans le quartier d’Elsau, où vit une importante communauté originaire de cette région. Il avait été naturalisé Français en 2010, en même temps que sa mère, placée en garde à vue dès dimanche matin avec son ex-époux.

Lire aussi: Pourquoi la France reste (et va rester) la cible de Daech

Une filière terroriste tchétchène, composée de ressortissants originaires du Caucase mais aussi de Franco-Maghrébins, y avait été démantelée en 2002, après un attentat déjoué contre le marché de Noël de la métropole alsacienne et sa cathédrale. Une seconde filière djihadiste strasbourgeoise avait ensuite été démantelée en 2014 et sept de ses protagonistes ont été condamnés en 2017 à des peines allant de 6 à 9 ans de prison.

Sans antécédents judiciaires

La présence de jeunes radicalisés originaires de Tchétchénie sur le sol français n’est pas une surprise. Dans son livre Je ne pouvais rien dire (Ed. L’Archipel), l’ex-policier Paul-Louis Voger, ancien de la sécurité intérieure (DGSI), raconte la surveillance et les écoutes des groupes venus du Caucase, pour la plupart au bénéfice de demandes d’asile pour raisons humanitaires. Sans antécédents judiciaires, Khamzat Azimov avait été inscrit depuis 2016 au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) en raison de sa fréquentation d’un groupe suivi par la DGSI. Il avait alors été entendu par les policiers, mais son suivi n’avait pas été jugé prioritaire. Un profil assez proche de Redouane Lakdim, l’auteur de la récente prise d’otages de Trèbes (Aude) le 23 mars 2018, lui aussi tué par la police lors de l’assaut pour libérer le supermarché dans lequel il s’était retranché. Fiché «S», le meurtrier de 25 ans ne faisait pas l’objet d’une surveillance resserrée, même s’il venait de recevoir une convocation policière.

Attentat immédiatement revendiqué par Daech

Ce nouvel attentat perpétré en plein cœur de la capitale et immédiatement revendiqué par Daech prouve que la France reste dans le collimateur de l’organisation terroriste. Il est bien sûr possible que celle-ci n’ait pas commandité l’attentat, et tente par sa revendication d’en récupérer le bénéfice pour démontrer sa capacité de nuisance, à l’heure où presque tous ses sanctuaires en Syrie et en Irak ont été reconquis. N’empêche: depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence, en mai 2017, trois attaques meurtrières ont eu lieu, et plus de 20 attentats ont été déjoués selon le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. Une attaque à l’arme blanche dans la gare de Marseille-Saint-Charles en octobre 2017 a fait deux morts. La prise d’otages de Trèbes s’est soldée par trois meurtres, dont celui du colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, qui s’était constitué prisonnier. Dans ces deux cas, comme samedi soir près de l’Opéra, les assaillants ont été tués par les forces de l’ordre.

Lire également: A Paris, une attaque au couteau fait une victime, Daech revendique

Pour le gouvernement français, l’éradication de la présence djihadiste sur le territoire apparaît comme une mission impossible. Le fichier FSPRT, source des signalements «S» (pour menaces sur la sécurité), compte près de 18 000 individus, dont 4000 considérés comme dangereux et susceptibles de passer à l’acte. Cinq cents prévenus accusés d’actes de terrorisme sont par ailleurs incarcérés en France. Tandis que 1200 détenus de droit commun sont considérés comme radicalisés et suivis par le service de renseignement de l’administration pénitentiaire, dont la mission était au cœur du récent voyage d’études en France, fin avril, de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Laquelle a visité la prison d’Osny, où est installée l’une des unités pilotes d’évaluation de la radicalité.

Deux mille départs vers la Syrie et l’Irak depuis 2014

Ces chiffres sont à relier avec les 2000 départs enregistrés vers la Syrie et l’Irak depuis 2014. Six cent cinquante jeunes français s’y trouveraient encore, plus de 300 y ont trouvé la mort. Et 244 rapatriés des ex-sanctuaires de Daech, dont une cinquantaine d’enfants, ont été arrêtés à leur retour en France, ce qui constitue un terreau propice à toutes les propagandes et à toutes les rancœurs, vu les ramifications familiales et personnelles des réseaux terroristes. Au total, 246 personnes ont trouvé la mort lors des 11 attentats perpétrés en France depuis 2012 (sur 79 tentatives), date des sept meurtres commis à Toulouse par Mohamed Merah.

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