L'islamiste Abou Moussab al-Zarqaoui a déclaré «une guerre farouche» aux élections en Irak à une semaine du scrutin, alors que huit otages chinois, libérés, ont été remis à leur ambassade à Bagdad. Seize Irakiens ont été tués et des dizaines d'autres blessés dans un incendie, provoqué par un court-circuit, qui a détruit dimanche à l'aube l'hôpital général de Nassiriyah (sud), selon la police irakienne.

Dans un enregistrement audio qui lui est attribué et mis en ligne dimanche, Al-Zarqaoui, l'homme le plus recherché en Irak, affirme que les élections sont «un piège abominable, destiné à assurer aux «rafidha» [appellation péjorative des chiites] le contrôle des rouages du pouvoir» dans ce pays. «Ce processus ignoble, constitue, a-t-il dit, une grande farce américaine.»

Al-Zarqaoui, dont la tête a été mise à prix par les Etats-Unis pour 25 millions de dollars, rejette totalement le processus démocratique prévu en Irak, contraire, selon lui, à la charia, la loi islamique. Il qualifie d'«hérésie» le principe du «pouvoir du peuple par le peuple». Il s'agit du deuxième message en quatre jours d'Al-Zarqaoui, un sunnite, contre les chiites d'Irak, majoritaires et dont les partis devraient remporter les élections, d'autant plus que la plupart des partis sunnites les boycottent.

Optimisme américain

A l'inverse, l'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, John Negroponte, a prédit une forte participation aux élections mais a averti qu'il pourrait y avoir des problèmes dans deux provinces à prédominance sunnite, dans une interview sur la chaîne de télévision américaine ABC. «Nous prévoyons une forte participation aux élections surtout dans les parties nord et sud du pays», a-t-il dit. «Il pourrait y avoir des problèmes dans le centre, particulièrement dans deux provinces dans le triangle sunnite, mais tous les efforts sont faits pour assurer la sécurité permettant au plus grand nombre possible de résidents de pouvoir voter», a ajouté John Negroponte.

Par ailleurs, l'ambassade de Chine à Bagdad a récupéré les huit otages libérés, qui sont «sains et saufs». Leur libération avait été annoncée samedi, mais les autorités chinoises étaient restées, depuis, sans nouvelles des huit hommes.