Royaume-Uni

Le terroriste de Westminster, un converti qui évoluait dans les milieux islamistes

L’identité de l’assaillant commence à se préciser, tandis que la police multiplie les arrestations

Un quinquagénaire, au casier judiciaire chargé pour violences et possession d’armes blanches, converti tardivement à l’islam et qui évoluait dans les milieux islamistes britanniques. Mais aussi un père de trois enfants, sans histoire selon les voisins, qui n’avait plus eu de démêlés avec la justice depuis presque quinze ans.

Le portrait-robot du terroriste de Westminster, dont l’attaque a fait quatre morts mercredi – en plus de la sienne –, commence lentement à émerger. Il reste encore de nombreuses zones d’ombre et la police britannique a lancé vendredi matin un appel à témoins, pour tenter d’éclaircir son parcours. Avec une question principale: agissait-il seul ou faisait-il partie d’une cellule terroriste plus large, que les forces de l’ordre n’auraient pas détectée?

Nombreux pseudonymes

Quelques éléments commencent à être clairs. La police a révélé son vrai nom de naissance: Adrian Russell Ajao. L’homme est né le jour de Noël, le 25 décembre 1964, dans le Kent, dans l’est de l’Angleterre. A 52 ans, il avait un âge inhabituel pour l’auteur d’un attentat suicide. Il a utilisé de nombreux pseudonymes au cours de sa vie et il se faisait appeler Khalid Masood depuis sa conversion à l’islam.

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Il habitait à Birmingham depuis plusieurs années. Selon les médias britanniques, il avait trois enfants et il se disait enseignant. L’Ofsted, l’organisme du système éducatif britannique, ne le connaissait pourtant pas. Il semblerait que l’homme donnait simplement des cours de soutien scolaire. «C’était une famille gentille, sans histoire», témoigne au Guardian Iwona Romek, une voisin.

La police connaissait pourtant bien Khalid Masood, mais pas pour terrorisme. Au cours de sa vie, l’homme a été condamné par la justice à de nombreuses reprises. La première fois remonte à 1983, pour faits de vandalisme, quand le jeune homme avait alors 18 ans. La dernière date de 2003, pour possession d’arme blanche. Selon le Daily Telegraph, Khalid Masood, qui était Noir, aurait été victime de racisme. En 2000, il avait blessé au visage le propriétaire d’un café après des échanges racistes. En 2003, il a poignardé quelqu’un au visage.

Dans les radars des services secrets

Comment s’est-il converti à l’islam? Etait-ce en prison, comme le suggèrent plusieurs médias britanniques? Seule certitude, l’homme s’est retrouvé dans les radars des services secrets «il y a quelques années», selon la déclaration de Theresa May à la Chambre des communes jeudi. Mais «il était un personnage périphérique», précise la première ministre britannique. En clair, les autorités, qui enquêtaient sur un militant islamiste, l’avaient identifié comme faisant partie de ses contacts, mais elles ne l’avaient pas jugé particulièrement inquiétant et elles ne l’avaient pas gardé sous surveillance. «Il n’était pas sur le radar actuel des services secrets», précise Theresa May.

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Les premiers éléments de l’enquête semblent pourtant montrer que Khalid Masood était resté très impliqué dans les milieux islamistes. Depuis l’attentat, les autorités ont procédé à 21 perquisitions, essentiellement à Birmingham, mais aussi à Brighton, dans l’est de Londres, au pays de Galles et dans le nord-ouest de l’Angleterre.

Possible cellule proche de l’assaillant

Neuf personnes sont actuellement en garde à vue. Elément essentiel: au moins six d’entre elles ont été interpellées pour «suspicion de préparation d’actes terroristes», ce qui tendrait à montrer que la police enquête sur l’existence d’une cellule proche de l’assaillant. Deux des arrestations, pendant la nuit de jeudi à vendredi, sont décrites comme «significatives» par la police. Personne n’a cependant été inculpé pour l’instant.

L’enquête de police, surnommée «opération Classific», prend une immense ampleur: des «centaines de policiers» en font partie, pour travailler sur les 3500 témoignages recueillis autour du parlement; 2700 objets ont été saisis lors des perquisitions, dont «un énorme montant de données d’ordinateur», précise Scotland Yard. Quant aux victimes, quatre personnes sont encore à l’hôpital, dont une entre la vie et la mort.

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