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Le numéro un nord-coréen Kim Jong-un pendant une inspection de technologie militaire en un lieu inconnu. Image distribuée dimanche par les services de propagande de Pyongyang. 
© AFP

Corée du Nord

Le test d’une bombe H par Pyongyang met la planète sens dessus dessous

Dimanche, le régime de Kim Jong-un a procédé au test d’une bombe à hydrogène plus puissante que celles lâchées en 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. Cet événement intervient une semaine après le lancement d’un missile balistique au-dessus du Japon

La Corée du Nord a procédé dimanche, à midi (heure locale), au test d’une bombe à hydrogène. Les spécialistes estiment que la déflagration était plus puissante que celles qui ont ravagé les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Lire également notre éditorial: Corée du Nord: l’urgence d’une diplomatie musclée

Le test a provoqué un séisme mesuré à 6,3 sur l’échelle de Richter à proximité du principal site de tests atomiques, Punggye-ri. La bombe pourrait avoir été entre 6 et 9,8 fois plus puissante que celle qui fut testée en septembre 2016 par Pyongyang. La secousse a été ressentie jusqu’en Chine. Les sirènes ont commencé à retentir dans la ville frontalière chinoise de Yanji.

Le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, n'a pas mâché ses mots, qualifiant ce sixième essai nucléaire d'acte commis «au mépris complet des demandes répétées de la communauté internationale».

Les réactions internationales n’ont pas manqué. A commencer par Donald Trump. Le président américain, qui avait tantôt déclaré être disposé à s’entretenir directement avec son homologue nord-coréen Kim Jong-un, tantôt promis le «feu et la fureur» au régime de Pyongyang, a réagi par Twitter: les actions nord-coréennes «continuent d'être très hostiles et dangereuses pour les Etats-Unis. (...) Aucune politique d’apaisement ne fonctionnera.» Le Trésor américain planche déjà sur de nouvelles sanctions supplémentaires contre le régime nord-coréen. A Washington, beaucoup s'inquiètent toutefois de la volonté de la Maison-Blanche de se retirer d'un accord de libre-échange avec Séoul à un moment où les Etats-Unis auraient besoin de travailler étroitement avec la Corée du Sud, un allié.

La Chine exhorte Pyongyang à se calmer

A Séoul, le président sud-coréen Moon Jae-in a tout de suite convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité national et l’armée a été mise en alerte. Il a demandé «toutes les mesures diplomatiques, et notamment des sanctions au Conseil de sécurité de l'ONU pour isoler complètement la Corée du Nord», a précisé le conseiller du président Chung Eui-Yong. Pékin a aussi réagi, condamnant «vigoureusement» l'essai nucléaire, exhortant son voisin à «cesser d'aggraver la situation».

Le premier ministre japonais Shinzo Abe, déjà remonté contre Pyongyang après qu’un missile balistique nord-coréen a survolé le Japon une semaine plus tôt, a mis en garde: il ne tolérerait pas de septième essai nucléaire. Pyongyang a effectué son premier test atomique en 2006, mais il les a multipliés ces deux dernières années.

Les Européens sont eux aussi montés au front. La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron durcissent le ton, déclarant que «la dernière provocation en date du dirigeant de Pyongyang a atteint une nouvelle dimension». Tous deux plaident pour un renforcement des sanctions de l’Union européenne contre le régime de Kim Jong-un. Le président du Conseil italien Paolo Gentiloni s’est associé à Angela Merkel et à Emmanuel Macron et partage la même volonté d’orchestrer une «réponse internationale forte». Le chef de l’État français appelle aussi à une action musclée du Conseil de sécurité de l’ONU qui a déjà au début août, avec l’aval de la Chine, renforcé les sanctions contre la Corée du Nord.

Les médias officiels nord-coréens ont qualifié le test d’une bombe H de «réussite parfaite». Rajoutant à la controverse, ils ont souligné que l’engin testé peut être monté sur son nouveau missile balistique intercontinental (ICBM). Des doutes subsistent toutefois sur la capacité des ingénieurs nord-coréens de miniaturiser une telle bombe et d’équiper un missile d’une tête thermonucléaire.

Le chef du Pentagone prône la diplomatie

Ce sixième test atomique est le premier à se dérouler sous la présidence de Donald Trump. Il va contribuer à exacerber des tensions déjà très fortes entre Pyongyang et Washington. Il y a quelques jours, après que la Corée du Nord a tiré un missile au-dessus du Japon, le président américain a lâché que «toutes les options étaient sur la table», laissant entendre qu’une intervention militaire était envisageable. Peu après, le chef du Pentagone James Mattis contredisait ouvertement Donald Trump, déclarant que la rhétorique «n’était pas une réponse» au problème nord-coréen et que l’Amérique n’est «jamais à court de solutions diplomatique».

Pyongyang n’a pas choisi la date de ce sixième essai par hasard. Ce dimanche est le week-end de «Labor Day» aux Etats-Unis. Lundi marque la rentrée politique outre-Atlantique. Dimanche aussi, le président chinois Xi Jinping recevait les représentants des pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

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