L’essentiel

Les tests rapides deviendront payants au-delà du 10 octobre. Le Conseil fédéral n’a pas cédé vendredi sur ce point. Les tests restent gratuits pour les mineurs de moins de 16 ans.

L’Australie commencera à rouvrir ses frontières le mois prochain 18 mois après l’interdiction faite aux citoyens de voyager à l’étranger sans autorisation.

Retrouvez  notre résumé de la journée de jeudi.


■ Les mesures du Conseil fédéral jugées globalement positives

La majorité des cantons approuve la décision du Conseil fédéral de rendre les tests payants au-delà du 10 octobre, indique la Conférence des directeurs de la santé (CDS). Une partie d’entre eux souhaitait cependant que jeunes adultes et adolescents ne passent pas à la caisse.

L’offensive du Conseil fédéral en matière de vaccination annoncée vendredi est saluée par les Verts, le Centre et le PLR. 

Mais le Parti libéral-radical juge que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a manqué de stratégie et d’anticipation. Ces lacunes vont coûter environ 150 millions de francs aux contribuables, grimace le PLR. Quant au système de parrainage (le bon de 50 francs) proposé par le Conseil fédéral, les libéraux-radicaux le considèrent «largement exagéré». Cette mesure publicitaire pourrait s’avérer contre-productive: l’accent doit clairement être mis sur l’information.


■ Merck veut mettre sur le marché un médicament oral contre le Covid-19

Le laboratoire américain Merck & Co va demander l’autorisation de l’Agence américaine des médicaments (FDA) pour un traitement par voie orale qui «réduit de façon significative les risques d’hospitalisation ou de décès», a annoncé l’entreprise vendredi. Si elle est autorisée, cette pilule antivirale appelée le molnupiravir serait le premier médicament de ce type à être mis sur le marché.

Merck affirme que ce médicament développé avec la société de biotechnologie Ridgeback Biotherapeutics, permet de diviser par deux les risques d’hospitalisation et de décès selon les résultats d’un essai clinique. Les antiviraux agissent en empêchant le virus de se répliquer. Leur application peut être double: à la fois permettre aux personnes déjà atteintes de la maladie de ne pas souffrir de symptômes graves, mais aussi à celles ayant été en contact rapproché de ne pas la développer.


■ Le point presse du Conseil fédéral

La situation sur le front du coronavirus s’améliore. Mais l’expérience de l’année passée à la même époque incite à la plus grande prudence, a déclaré Alain Berset vendredi devant la presse.

Le taux de vaccination reste trop faible dans notre pays pour que nous puissions lever les mesures de restriction.

Alain Berset

Les principaux indicateurs sont à la baisse, qu’il s’agisse des nouveaux cas, du nombre d’hospitalisations ou de l’occupation en soins intensifs, a-t-il détaillé. Cette tendance est à mettre sur le compte des vaccinations, des certificats et du nombre réduit de retours de vacances.

Mais même avec cette baisse, la situation aux soins intensifs reste tendue, a-t-il poursuivi. Aujourd’hui, le meilleur outil pour mettre fin à la pandémie est la vaccination. C’est une stratégie contrôlée contrairement aux infections. Aujourd’hui, la Suisse a un taux de vaccinés trop bas comparé à des pays comme le Portugal (87%), le Danemark (75%) ou la Belgique (70%).

Bouchées doubles

Le Conseil fédéral craint une reprise des infections avec l’arrivée de l’hiver. C’est pourquoi il a mis en consultation jusqu’au 6 octobre un plan pour une offensive sur la vaccination, indique-t-il vendredi. Une décision sera prise le 13 octobre.

La campagne prévoit quatre points.

  • Une semaine de vaccination mettra l’accent sur la nécessité de la vaccination pour l’ensemble de la population.
  • Les faits sur l’efficacité, la sécurité, les effets secondaires, les risques d’une infection ou sur les possibilités de vaccination seront présentés de manière compréhensible. Le choix des personnes qui refusent de se faire piquer sera respecté, précise le Conseil fédéral. Les communes et les organisations sportives ou religieuses y participeront aussi. Une hotline est également prévue.
  • 170 bus de vaccination supplémentaires prendront la route durant plusieurs semaines et s’arrêteront sur la place du village, sur le terrain de foot, devant les écoles ou les discos. L’objectif est d’aller à la rencontre des gens. Ils n’auront plus besoin de se déplacer.
  • La population est également invitée à contribuer à cet effort. Chacun peut convaincre un voisin, un ami ou un membre de la famille de l’utilité de l’injection. Et cette aide doit être récompensée: chaque nouvelle personne pourra indiquer celui ou celle qui l’a aidée à prendre sa décision. Ce travail de persuasion sera récompensé par un bon de 50 francs.

■ Les tests rapides seront biens payants après le 10 octobre

Les tests rapides deviendront payants au-delà du 10 octobre. Le Conseil fédéral n’a pas cédé vendredi sur ce point. La collectivité n’a pas à payer ces coûts pour les personnes qui ne veulent pas se faire vacciner.

Les tests resteront en revanche gratuits pour certains groupes. Les personnes qui ont reçu une dose de vaccin et sont de fait privées de certificat, pourront profiter de la gratuité des tests rapides antigéniques et tests PCR salivaires groupés jusqu’à la fin novembre. Et le dépistage pour toutes les personnes de moins de 16 ans restera gratuit.

Facilité pour les vaccinés étrangers

Enfin, toutes les personnes qui ont reçu un vaccin approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA) pourront demander un certificat Covid en Suisse si elles en ont besoin. Une plateforme électronique centralisée sera créée pour faciliter ces démarches. Les cantons n’auront plus besoin de mettre en place de telles plateformes.

Ce portail sera en service le 11 octobre. La période transitoire pour faire valoir d’autres attestations de vaccination sera prolongée jusqu’au 24 octobre.


■ 1211 nouveaux cas de coronavirus

La Suisse compte vendredi 1211 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore quatre décès supplémentaires et 31 malades ont été hospitalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 44 132 tests ont été transmis, indique l’OFSP. Le taux de positivité s’élève à 2,74%.

Sur les quatorze derniers jours:

  • Le nombre total d’infections est de 17 459, soit 201,96 nouvelles infections pour 100 000 habitants.
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 0,76.
  • Les patients Covid-19 occupent 20,60% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 75,10%.

S’agissant de la vaccination:

  • Au total 10 488 486 doses de vaccin ont été administrées et 58,46% des personnes ont déjà reçu deux doses.
  • La Suisse a reçu jusqu’à présent 11 943 825 doses de vaccins.
  • Des certificats ont déjà été émis pour 6 313 279 personnes vaccinées.

■ Des personnes doivent demander un nouveau certificat Covid en raison d’une panne

Les personnes dont le certificat Covid a été émis vendredi entre 10h40 et 11h50 doivent en demander un nouveau. Un problème technique est survenu pendant ce laps de temps.

En cause, une erreur de configuration dans la signature électronique, indique l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). En cas de doute, il faut ouvrir le pass dans l’application officielle et appuyer sur le bouton d’actualisation en dessous du QR-code à droite.

L’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication a depuis adapté le système. L’OFSP assure qu’il n’y a eu aucun risque de sécurité à aucun moment.


■ Record consécutif de morts en Russie

La Russie continue d’être secouée par une grave quatrième vague favorisée par le variant Delta et une campagne de vaccination laborieuse. Pour le quatrième jour d’affilée, le pays a enregistré un record de décès quotidiens avec 887 morts liées au virus lors des dernières 24 heures, selon le bilan publié par le gouvernement. La veille, on avait enregistré 867 décès.

Par ailleurs, 24522 nouvelles infections ont été recensées. Un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le 22 juillet. Les cas sont principalement en hausse à Moscou (3993) et Saint-Pétersbourg (2281).


■ En Syrie, les hôpitaux sont durement touchés par l’explosion des cas de Covid

Le nombre de cas de Covid-19 a explosé ces dernières semaines en Syrie et atteint des niveaux critiques, ont déclaré vendredi des responsables à l’AFP, les établissements de soins étant débordés et incapables de faire face à la situation. Dans certaines des zones les plus touchées par le conflit qui a éclaté en 2011, les infrastructures sanitaires sont insuffisantes, et les fournitures médicales de base et les doses de vaccin manquent.

Les zones qui semblent les plus touchées par la dernière vague de la pandémie sont celles qui échappent encore au contrôle du gouvernement dans le nord de la Syrie. Dans la région d’Idlib, où près de la moitié des plus de trois millions d’habitants ont été déplacés par le conflit, le nombre d’infections quotidiennes enregistrées a fortement augmenté et dépasse désormais souvent les 1000 cas par jour.

Il ne reste plus qu’une douzaine de lits dans les unités de soins intensifs pour toute la région, a précisé l’organisation caritative qui appelle à une aide internationale d’urgence pour éviter une catastrophe encore plus grande.


■ Le vaccin de Johnson & Johnson sera disponible en Valais dès le 8 octobre

Le vaccin Janssen de Johnson & Johnson sera proposé en Valais dès le vendredi 8 octobre pour toute personne de plus de 18 ans ne pouvant pas se faire vacciner avec un vaccin à ARN messager ou refusant les vaccins à ARN messager, annonce le canton du Valais dans un communiqué vendredi matin. Dans un premier temps, 6000 doses seront disponibles au centre de vaccination de Sion, uniquement sur rendez-vous, puis, dès la semaine suivante, également dans les centres de vaccinations de Brigue et Collombey.

Dans le Valais romand, plusieurs communes organiseront également des «journées de vaccination». Elles débuteront par Riddes, le jeudi 14 octobre, Fully, le samedi 16 octobre et Vissoie, le jeudi 4 novembre.

Ce vaccin à vecteur adénoviral ne nécessite qu’une injection. Il n’est pas recommandé aux personnes immunodéficientes ni aux femmes enceintes.


■ Pas de passe sanitaire sur les pistes de ski en France?

En France, les remontées mécaniques rouvriront cet hiver «quoi qu’il arrive» a annoncé Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État français au tourisme, jeudi soir à Chambéry. Si la situation sanitaire continue de s’améliorer dans l’Hexagone, aucun certificat covid ne sera demandé pour accéder aux remontées mécaniques, rapporte France Bleu Pays de Savoie.

L’hiver dernier en France, les stations de sports d’hiver ont eu l’interdiction de faire fonctionner les remontées mécaniques en raison de l’épidémie de Covid-19. Cette fermeture a notamment entraîné un manque à gagner de près d’un milliard d’euros pour les magasins et fabricants de ski.


■ L’anti-Covid développé par Humabs prêt à être administré en Suisse

Le sotrovimab, un anticorps monoclonal développé par le laboratoire tessinois Humabs Biomed en partenariat avec le géant britannique GlaxoSmithKline (GSK) est désormais prêt à être administré en Suisse.

Evoquant sa grande satisfaction, Filippo Riva, directeur opérationnel (COO) de l’entreprise, détenue par le Californien côté au Nasdaq Vir Biotechnology, indique que «la Suisse a agi assez rapidement pour mettre ce médicament à la disposition des personnes risquant d’être hospitalisées ou de souffrir d’une évolution grave», pouvait-on lire vendredi sur le site de la RSI.

L’efficacité semble très élevée au stade précoce de la maladie. «L’anticorps est capable de réduire le taux d’hospitalisation de manière très significative», affirme Davide Corti, responsable du laboratoire. Et d’ajouter que selon des données de terrain, encore préliminaires, dans les Emirats arabes unis (EAU), où l’anticorps a été administré à des milliers de personnes, la mortalité a pu être réduite de 97%.


■ L’Australie rouvrira ses frontières «dans les semaines à venir»

L’Australie commencera à rouvrir ses frontières le mois prochain, a annoncé le Premier ministre Scott Morrison, 18 mois après l’interdiction faite aux citoyens de voyager à l’étranger sans autorisation.

Scott Morrison a affirmé que les Australiens vaccinés pourront rentrer chez eux et voyager à l’étranger «dans les semaines à venir», dès lors que les objectifs de vaccination de 80% seront atteints.

Le moment est venu de rendre leur vie aux Australiens. Nous nous y préparons, et l’Australie sera prête à décoller, très bientôt.

Il a ajouté qu’à leur retour de l’étranger, les habitants vaccinés auront à observer une quarantaine de sept jours à leur domicile, évitant ainsi la quarantaine obligatoire et coûteuse de 14 jours à l’hôtel imposée actuellement. Le 20 mars 2020, l’Australie a introduit certaines des restrictions aux frontières les plus strictes au monde en réponse à la pandémie.


■ Nouvelle manifestation empêchée à Berne

Plusieurs centaines d’opposants aux mesures anti-Covid se sont réunis jeudi soir à Berne pour un nouveau rassemblement non autorisé. La police cantonale était présente en nombre et avait bloqué plusieurs rues d’accès au centre-ville.

La zone autour du Palais fédéral et le Palais lui-même faisaient l’objet d’une surveillance particulière, le Conseil national siégeant encore jeudi soir. Son président Thomas Aebi (UDC/BE) avait précédemment déclaré que la police assurerait la sécurité. Aussi, les manifestants ont été tenus à distance du bâtiment.

Il n’y a pas eu de violences comme lors des précédentes manifestations, a constaté un correspondant de l’agence Keystone-ATS. Plusieurs centaines de policiers en tenue anti-émeute ainsi que des barrières ont bloqué de nombreux accès. Le périmètre du Palais fédéral a également été fermé et un canon à eau a été mis en position. La police a brièvement eu recours à du gaz lacrymogène, a-t-elle précisé dans un communiqué diffusé dans la nuit.