Revue de presse

La tête de Philippe Verdier tombera-t-elle avant ou après la COP21?

L’étau se resserre toujours plus autour du Monsieur météo de France 2, sanctionné pour avoir osé être climatosceptique à quelques encablures de la Conférence sur le climat

Le pouvoir ne relâche pas son étreinte sur Philippe Verdier, le Monsieur météo de France 2: la presse française nous apprend qu’il a été convoqué par sa direction pour finaliser sa procédure de licenciement. C’est Renaud Revel, de l’Express, qui a lâché le scoop dans un article au vitriol sur le site de L’Express: «Procédure de licenciement ubuesque à France 2 contre Philippe Verdier».

L’annonce de la convocation baigne dans une franche acidité: «Nage-t-on en plein délire paranoïaque à France Télévisions? Le très fantasque Monsieur météo de France 2, Philippe Verdier, à l’origine d’une polémique aussi insignifiante que désopilante, a été convoqué par la direction des ressources humaines de la chaîne pour un entretien préalable en vue de son licenciement. Cette décision totalement disproportionnée est d’autant plus ahurissante que mis au ban de la chaîne qui l’emploie, depuis juillet 2011, ce climatosceptique n’avait pas commis d’autres crimes que celui d’exprimer son vif scepticisme sur les résultats de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, dans un livre intitulé Climat Investigation. Et ce à quelques semaines de la conférence mondiale COP21.». Et Revel de parler de fatwa moyenâgeuse, de diabolique crucifixion médiatique, de Corée du Nord de l’info, d’échafaud…

Convocation avec un syndicaliste

Le Monde fait lui dans plus de sobriété: «La polémique autour du «M. Météo» de France 2 n’est pas finie: Philippe Verdier, auteur d’un livre qui conteste l’idée d’un consensus scientifique sur le réchauffement climatique, a été convoqué par la direction à un entretien en vue d’une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement, a-t-on appris mardi 27 octobre. L’entrevue a eu lieu le 22 octobre en présence d’un représentant de la direction des ressources humaines du siège de France Télévisions, ainsi que d’un représentant de Force ouvrière (FO), selon ce syndicat.»

Ce qu’on lui reproche? Toujours selon Le Monde: «M. Verdier a fait dans les médias une promotion active de son ouvrage, Climat investigation (éd. Ring), en dénonçant un «scandale planétaire» à propos du réchauffement climatique. Dans une lettre ouverte à François Hollande, à l’approche du sommet sur le climat COP21, il a estimé que le président de la République ne pouvait cautionner «les scientifiques ultrapolitisés du GIEC, les lobbys d’entreprises, les ONG environnementales, ni les chefs religieux autoproclamés nouveaux apôtres du climat».

Un syndicaliste explique au Monde que «Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, estime qu’il n’y a pas de délit d’opinion. Pour elle, la faute de Philippe Verdier est liée à l’exécution de son contrat de travail, car il a mis en avant sa fonction et son employeur France Télévisions dans le cadre de la communication autour de son livre.» On comprend entre les lignes que ce syndicaliste-ci ne soutient pas vraiment Philippe Verdier.

Un autre syndicaliste, d’une crémerie opposée au premier, soutient lui à fond les manettes le présentateur: Philippe Verdier n’a pas commis de faute professionnelle, car «le cas d’un journaliste qui promeut un livre ou exprime des opinions dans des médias est banal».

Je me suis mis sur la route de la COP21, qui est un bulldozer, voilà le résultat.

En un mot, l’affaire est hautement politique, comme au bon vieux temps de l’ORTF du général de Gaulle: la France ne se refait pas si facilement, ni n’amende si facilement ses prérogatives monarchiques sur l’information en France. Et sur ceux qui auraient le malheur de mettre des bâtons dans les roues au pouvoir, c’est la lettre de cachet ou plutôt, puisque la Bastille n’existe plus, la menace du licenciement. Car on l’a compris aussi, et Philippe Verdier le résume lapidaire: «Je me suis mis sur la route de la COP21, qui est un bulldozer, voilà le résultat.» Au Figaro, on met donc un peu d’huile sur le feu en sous-titrant avec la plus innocente candeur: «Une sanction de l’Elysée?» Et Le Figaro de rappeler que Philippe Verdier est soutenu par dix parlementaires qui ont volé à son secours. Au Point, on tend le micro au pestiféré qui s’exclame: «Je suis un paria.»

Un paria?

Un paria, Philippe Verdier? Disons qu’auprès de ses collègues journalistes, mais scientifiques eux, il est très esseulé. Pour preuve cette chronique de Stéphane Foucart, dans Le Monde: «Le discours de M. Verdier, une machine à transformer de l’ignorance en théorie du complot.» Et en effet, lorsqu’un journaliste commence son opus par cette entame: «Tout d’abord, manifestons ici un soutien confraternel sincère à Philippe Verdier, chef du service météo de France Télévisions, mis à pied par son employeur pour avoir écrit un livre climatosceptique. M. Verdier n’a pourtant pas détourné l’antenne de la télévision publique pour faire la promotion de son ouvrage. Pas plus qu’il ne semble avoir, dans le strict exercice de son métier, commis de faute ou d’erreur. Il faut donc le soutenir sans réserves», il y a toutes les craintes à avoir. Et de fait, Stéphane Foucart passe le reste de sa chronique à «démonter les sottises que Philippe Verdier colporte».

Ne reste plus maintenant qu’à attendre que le couperet s’abatte définitivement sur le «paria». Les paris sont ouvert: avant ou après la COP21?

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