L’aube s’était levée moins d’une heure plus tôt sur les ors, les toits et les tours du palais royal de Bangkok quand, sous un ciel de pluie, les meneurs de la fronde étudiante ont scellé une plaque dorée sur la partie bétonnée du vaste espace où les manifestants s’étaient réunis depuis la veille.

On était dimanche 20 septembre, il était exactement 6h54, et le geste allait marquer une nouvelle étape de la courte histoire de la fronde estudiantine thaïlandaise: cette plaque a une signification politique d’importance pour les «rebelles», car elle est une réplique de celle apposée en 1936 pour commémorer un coup d’Etat anti-royaliste qui avait eu lieu quatre ans plus tôt. Dans le contexte actuel, le geste est une provocation sans précédent.