Union européenne

Theresa May cherche l’indulgence de l’UE

La première ministre britannique a expliqué à Angela Merkel et à François Hollande qu’elle n’enclencherait pas la procédure du Brexit avant la fin de l’année

Le Royaume-Uni ne compte pas enclencher avant la fin de l’année la clause 50 du traité de Lisbonne qui porte sur les modalités de sortie d’un Etat membre de l’Union européenne (UE). Au lendemain du vote où les Britanniques ont approuvé le Brexit, plusieurs dirigeants, y compris ceux des institutions européennes, avaient insisté pour des négociations rapides afin de mettre fin à l’incertitude sur l’avenir de l’UE.

Londres a besoin de temps

Mais lors d’une visite mercredi soir à Berlin, la nouvelle première ministre britannique Theresa May a convenu avec la chancelière allemande Angela Merkel que Londres avait besoin de temps pour se préparer aux négociations. Elle a plaidé la même cause auprès de François Hollande lors d’une séance de travail jeudi soir à l’Elysée. «Le plus tôt sera le mieux dans l’intérêt de l’Europe, du Royaume-Uni et de nos économies respectives», a dit le président français à l’issue de la réunion.

Plus tôt dans la journée à Dublin, François Hollande avait pourtant affiché une fermeté, insistant que Londres notifie «le plus rapidement possible son intention de se retirer de l’UE». Il avait renchéri en disant que la France n’entendait pas accepter de statut spécial pour le Royaume-Uni, ce qui entraînerait de longues négociations. Il s’était montré aussi sans concession sur l’accès au Marché unique. Selon lui, il n’en serait question si le Royaume-Uni ne respecte pas le principe de la libre circulation des personnes.

Angela Merkel conciliante

«Il est dans l’intérêt de tous que le Royaume-Uni demande cette sortie quand elle aura une position de négociation bien définie», a déclaré Angela Merkel visiblement plus conciliante que le président français, à la presse aux côtés de la première ministre britannique mercredi soir à Berlin. Réponse de la nouvelle cheffe de Downing Street: «Cela va prendre du temps et demander un travail très précis pour affiner notre position dans les tractations avec le reste de l’UE.»

Selon Euractiv, une agence d’informations spécialisée sur l’UE, Angela Merkel a fait allusion aux bonnes relations qui ont toujours existé entre l’Allemagne et le Royaume-Uni, deux pays qui défendent les principes de la libre concurrence et du libre-échange. La presse allemande, quant à elle, affirme que Berlin a tout intérêt à garder un lien fort avec le Royaume-Uni qui est l’une des principales destinations pour ses exportations des biens, notamment automobile, et des services.

Garder l’accès au Marché unique européen

Tant la première ministre britannique que son ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, ont réitéré à maintes reprises que le Royaume-Uni allait certes sortir de l’UE, mais comptait continuer à jouer un rôle moteur dans la vie économique et politique européenne. Dans tous les cas, le Royaume-Uni veut négocier un accord qui lui donne accès au Marché unique européen.

Londres entend rester maître du calendrier pour activer l’article 50 du traité de Lisbonne. Une fois la demande déposée, les négociations devraient s’achever dans un délai de deux ans. Le Brexit devrait donc être une réalité à l’horizon 2019.


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