Brexit

Theresa May devient première ministre de Grande-Bretagne et Boris Johnson ministre des Affaires étrangères

La nouvelle dirigeante conservatrice a été formellement investie par la reine d'Angleterre

Theresa May a été officiellement investie comme Premier ministre britannique mercredi et chargée par la reine Elizabeth II de former le nouveau gouvernement qui aura la lourde charge de mettre en oeuvre le Brexit.

«Nous allons nous construire un nouveau rôle audacieux et positif» hors de l’Union européenne, a promis la nouvelle cheffe du gouvernement, première femme à occuper ce poste en Grande-Bretagne depuis le départ de Margaret Thatcher il y a 26 ans.

La nouvelle dirigeante a pris ses premières décisions en nommant Boris Johnson ministre des Affaires étrangères et Philip Hammond ministre des Finances.

Elle a également promis d’agir pour la justice sociale et le maintien de «l’union» du Royaume, menacé par la dissidence de l’Ecosse pro-européenne.

L’ancienne ministre de l’Intérieur, 59 ans, succède à David Cameron qui était venu peu auparavant remettre sa démission à la reine à Buckingham Palace.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker l’a aussitôt pressée de commencer «bientôt» les négociations sur la sortie de l’UE. Mais Theresa May a déjà annoncé qu’elle ne déposerait aucune demande formelle en ce sens cette année.

Quelques heures avant de tirer sa révérence, David Cameron avait conseillé mercredi à Theresa May, qui lui succédera dans la journée, de rester «aussi proche que possible» de l’Union européenne.

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Lors de sa dernière séance de questions devant le Parlement, en tant que Premier ministre, David Cameron, de dix ans son cadet, l’a invitée à ne pas complètement tourner le dos aux 27 autres membres de l’union. «Nous devons essayer d’être aussi proches de l’UE que possible», a-t-il déclaré, en s’adressant à Theresa May qu’il a qualifiée de «brillante négociatrice» et qui sera intronisée après que David Cameron aura remis sa démission à la reine Elizabeth II. Le premier ministre sur le départ a néanmoins tenu à poser une dernière fois avec le célèbre chat du 10 Downing Street.

Auprès de la reine

Theresa May se rendra ensuite à son tour auprès de la souveraine et se verra confier le soin de former le nouveau gouvernement que la presse britannique voit déjà beaucoup plus féminin que le précédent, et assorti d’un ministre tout spécialement chargé du Brexit.

Elle deviendra alors la deuxième femme à prendre les rênes d’un exécutif britannique après Margaret Thatcher (1979-1990), à qui certains la comparent parfois. Réputée pour sa détermination, sa force de travail mais aussi une certaine froideur, Theresa May hérite d’un Royaume-Uni que le référendum a laissé sens dessus dessous, entre turbulences économiques et pression des dirigeants de l’UE pour que le Royaume-Uni engage au plus vite la procédure de divorce.

L’article 50: pas avant la fin de l’année

«Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès», a-t-elle assuré lundi, ne laissant guère d’espoir à ceux qui rêvent de voir leur pays rester malgré tout dans le giron européen.

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Cette eurosceptique, qui avait rejoint le camp du maintien dans l’UE pendant la campagne référendaire, avait auparavant prévenu qu’elle ne comptait pas activer l’article 50 du Traité de Lisbonne – qui lance le processus de sortie de l’UE – avant la fin de l’année.

Un sommet Allemagne – France – Italie sur le Brexit fin août

Impatients de voir l’exécutif britannique clarifier ses intentions, les dirigeants européens n’ont pas attendu sa prise de fonctions pour présenter leurs doléances. Un «sommet ou une rencontre» sur les suites du Brexit avec le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Matteo Renzi se tiendra fin août en Italie, a indiqué un ministre français.

De son côté, faisant écho aux propos de David Cameron, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est dit en faveur «de relations aussi étroites que possibles avec le Royaume-Uni».

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