Royaume-Uni

Theresa May survit, encore

Malgré sa défaite historique lundi, la première ministre britannique a battu la motion de défiance ce mercredi soir. L'avenir de son action politique autour du Brexit reste incertain

Theresa May a été surnommée «Maybot» par les caricaturistes, contraction de son nom et de robot. Sa façon mécanique de répéter les mêmes arguments, quel que soit le contexte, d’être incapable d’improviser et de ne presque jamais montrer d’empathie lui donnent un étrange air mécanique. Mais la force du robot est de ne jamais s’arrêter. Mardi soir, malgré l’humiliation historique de la veille, la première ministre britannique a battu la motion de défiance déposée contre elle par l’opposition.

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Theresa May reste donc à son poste. Politiquement, son autorité a disparu; son principal projet, son plan pour le Brexit, est mort; mais elle demeure à la tête du gouvernement, indéboulonnable.

«De dangereux jeux de politiciens»

En temps normal, sa défaite historique lundi aurait provoqué la démission de n’importe quel leader politique. Pour 432 voix contre 202, les députés ont rejeté l’accord de retrait de l’Union européenne, la plus lourde défaite d’un gouvernement dans la longue histoire du parlement britannique. Mais mardi, comme si de rien n’était, les débats ont repris.

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Ses propres députés – 118 ont voté contre son accord lundi – l’ont systématiquement soutenue, accusant l’opposition de jouer de dangereux jeux politiciens alors que le pays est en pleine crise. Aucun d’entre eux ne l’a trahie et ses alliés nord-irlandais du DUP (Democratic Unionist Party) se sont aussi rangés derrière elle.

Une position peu convoitée

En juste un mois, Theresa May a donc remporté une première motion de défiance interne au Parti conservateur, venant de ses propres députés (les règles leur interdisent de refaire la même chose pendant douze mois), et elle a obtenu le soutien du parlement.

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Cette victoire ne change cependant rien à la crise du Brexit. Ni elle ni le parlement n’ont de solution à proposer. Ou plutôt, une demi-douzaine de solutions existent, mais aucune n’a de majorité parlementaire. C’est sans doute ce qui a permis la survie politique de Theresa May: aucun successeur naturel ne s’impose, et personne ne veut avoir à régler le désordre actuel. Mais, à deux mois et demi de la date butoir du Brexit, tout reste à faire.


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