Le BEA a par ailleurs indiqué que les sondes de mesure de la vitesse, ou «sondes pitot», pouvaient constituer un élément d’explication, mais l’enquête ne permet pas de dire qu’elles sont la «cause» du crash.

«L’avion n’a pas été détruit en vol», a déclaré Alain Bouillard, responsable de l’enquête BEA, lors d’une conférence de presse au Bourget, près de Paris. «L’avion paraît avoir heurté la surface de l’eau en ligne de vol avec une forte accélération verticale», a-t-il ajouté, en présentant un rapport d’étape établi sur les premiers éléments d’enquête.

Cela signifie que l’appareil a touché la surface de l’eau avec le bas de son fuselage. La forte accélération verticale pourrait être la conséquence de l’impact de l’appareil avec la surface de l’eau.

Ainsi dans le galey, le meuble où sont rangés les plateaux-repas, toutes les étagères sont descendues au fond, ce qui laisse à penser qu’il a subi une accélération verticale. Un morceau de plancher retrouvé est déformé du bas vers le haut, impliquant que l’avion ait heurté la surface de l’eau. Le fait que la dérive soit toujours fixée à la structure de l’avion et qu’elle ait été retrouvée au milieu des autres débris confirmerait qu’elle n’a pas cassé en vol. «L’avion est arrivé entier au moment de l’impact», a déclaré Alain Bouillard.

Aucun gilet de sauvetage gonflé n’a été retrouvé. «L’absence de gilets de sauvetage gonflés montre que visiblement les passagers n’étaient pas préparés à un amerrissage», a dit M. Bouillard.

Mises en cause par des syndicats de pilotes d’Air France, au vu des messages techniques émis par l’avion avant qu’il ne s’abîme dans l’océan Atlantique avec 228 personnes à bord, les sondes de vitesses ne peuvent être à ce stade considérées comme à l’origine de la catastrophe. «Bien sûr on voit que le pitot est une chose qui est fortement soupçonnée dans les incohérences de vitesse. C’est un des éléments mais ce n’est pas la cause» de la catastrophe, a déclaré Alain Bouillard. «Nous sommes bien loin d’établir les causes de l’accident», a-t-il dit.

Les premiers éléments de l’enquête, quelques jours après la catastrophe, avaient mis en lumière des «incohérences» dans la mesure de la vitesse, ce qui avait amené à pointer du doigt les sondes pitot. Plusieurs incidents techniques impliquant des sondes pitot sur des A330 d’Air France et d’autres compagnies avaient été recensés ces dernières années.

Depuis le 6 juin, 640 éléments de l’avion ont été retrouvés, dont la dérive le 7 juin, selon le BEA. «Les éléments identifiés proviennent de l’ensemble des zones de l’avion», selon le BEA. Le BEA affirme jusqu’à présent ne pas avoir le résultat des autopsies pratiquées au Brésil sur les corps de victimes retrouvés.

L’organisme d’enquête a par ailleurs annoncé qu’il allait prolonger jusqu’au 10 juillet ses recherches acoustiques des balises des boîtes noires.

«Les balises ont une durée réglementaire d’émission de 30 jours. La recherche se prolonge de dix jours supplémentaires pour essayer de les retrouver», a expliqué devant la presse Alain Bouillard, responsable de l’enquête sur l’AF447.