Le parquet fédéral belge, compétent pour les affaires de terrorisme, devait faire une conférence de presse à 15 heures, dimanche 1er juin, à la suite de l’arrestation, à Marseille, du tueur présumé du Musée juif.

Huit jours après les faits, l’affaire continue de susciter une grande émotion dans le pays, et une journée d’hommage aux victimes était annoncée pour lundi, en présence de dirigeants du Congrès juif mondial et de représentants des communautés juives de 25 pays. Ils doivent rencontrer le gouvernement belge et le directeur de cabinet du roi Philippe. Une cérémonie est prévue ensuite à la Grande Synagogue de la ville.

Dimanche après-midi, un festival pour la paix baptisé Shalom est organisé au cœur de la capitale belge, à l’initiative d’une série d’associations proches d’Israël et de chrétiens évangéliques. Vendredi dernier un texte d’hommage a été lu dans toutes les écoles secondaires publiques de la ville. Il appelait à « résister à la logique de la haine, qui sape la confiance dans la capacité de la démocratie à nous protéger ». Le Comité international des rescapés des camps de concentration de Buchenwald et Dora a également apporté un témoignage de solidarité à la communauté juive de Belgique.

« L’Europe a reculé d’un siècle »

Cette dernière reste d’autant plus sous le choc qu’en choisissant le Musée juif, qui voulait être un lieu ouvert et un carrefour des croyances et des cultures, le tireur a visé « le cœur du judaïsme », a expliqué, samedi 31 mai, au site Lalibre.be, le grand rabbin de Belgique, Albert Guigui. Il a estimé que l’antisémitisme progressait en Belgique, comme dans toute l’Europe, jugeant notamment que les propos tenus par Marine Le Pen au lendemain des élections européennes indiquent que « l’Europe a reculé d’un siècle ».

A propos de la Belgique, le grand rabbin affirme qu’« un jeune garçon ne peut désormais pas se promener en kippa dans la rue sans risquer d’être agressé physiquement ou verbalement ». Il reproche également au monde politique une relative indifférence et l’invite à promouvoir le « construire ensemble » d’une société multiculturelle plutôt qu’à parler constamment du « vivre ensemble ».