C’est la première fois qu’Israël reconnaît ne pas avoir respecté les lois de l’engagement international, une nouvelle réaction au rapport Goldstone faisant le point sur les responsabilités dans l’Opération «Plomb durci», en décembre 2008-janvier 2009 à Gaza.

«Le commandement militaire a infligé un blâme aux deux officiers, qui sera inscrit dans leur dossier et risque d’être préjudiciable à leur carrière», a déclaré un porte-parole militaire à l’AFP.

La procédure avait été engagée à l’encontre du commandant de la division opérant à Gaza, le général Eyal Eisenberg et le chef d’un régiment d’infanterie, le colonel Ilan Malka, accusés «d’avoir dépassé leurs prérogatives de façon à mettre en danger des vies» de civils.

Dans un rapport officiel remis vendredi à l’ONU, pour réfuter les accusations de «crimes de guerre» de la commission d’enquête du juge sud-africain Richard Goldstone, les autorités israéliennes indiquaient avoir engagé une procédure disciplinaire contre les deux officiers. Ce rapport reconnaissait que l’armée «avait tiré plusieurs obus d’artillerie contrairement aux règles d’engagement interdisant de tels tirs à proximité de zones habitées» en allusion à des tirs d’obus fumigènes de phosphore blanc.

Les munitions au phosphore blanc, qui s’enflamme au contact de l’oxygène contenu dans l’air et brûle à des températures très élevées, ne sont interdites par aucun traité international.

Mais leur emploi est réglementé par le protocole III de la Convention sur les armes classiques de 1980 «sur l’interdiction ou la limitation des armes incendiaires» dans des zones peuplées, auquel Israël n’a pas souscrit. Selon l’article 2 de ce protocole, il est interdit «en toutes circonstances de faire de la population civile en tant que telle, de civils isolés ou de biens de caractère civil l’objet d’une attaque au moyen d’armes incendiaires».

Condamnation internationale

Le bombardement durant l’opération «Plomb durci» a mis le feu le 15 janvier 2009 au principal entrepôt de l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) dans la ville de Gaza après avoir été touché par des tirs d’obus israéliens. Ce bombardement qui a blessé trois employés de l’agence avait été unanimement condamné par la communauté internationale.

A la suite de cette bavure et d’autres attaques, Israël a versé 10,5 millions de dollars de réparations à l’ONU pour les dommages subis lors de l’offensive à Gaza.

Israël affirme avoir ouvert des enquêtes sur 150 incidents séparés, dont 36 font l’objet d’une enquête criminelle.

Dans son justificatif de 46 pages, rendu public dans la soirée par le gouvernement, l’Etat hébreu vante «l’indépendance et l’impartialité» du système judiciaire israélien et assure que son armée s’est conformée au droit international pendant l’opération à Gaza, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009.

Déclenchée pour stopper les tirs de roquettes contre Israël à partir de la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, l’offensive a fait plus de 1.400 morts palestiniens et 13 côté israélien.