L'élection présidentielle au Togo a été fixée au 24 avril, a annoncé jeudi à Lomé Mme Kissem Tchangaï-Walla présidente de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Cette élection est organisée après le décès le 5 février du président Gnassingbé Eyadéma. L'armée avait choisi un des fils du défunt, Faure Gnassingbé, comme nouveau chef de l'Etat, mais ce dernier s'est finalement retiré à la suite de fortes pressions internationales.

Faure Gnassingbé se présentera à la présidentielle sous les couleurs du Rassemblement du peuple togolais (RPT au pouvoir). Les principaux partis d'opposition ont décidé de participer au scrutin. Ces partis ont toutefois fait savoir qu'ils intégraient le «cadre du processus électoral avec prudence» et que «si les conditions ne sont pas bonnes» ils conservaient «toute la latitude de le quitter», selon Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l'Union des forces de changement (UFC), principal parti d'opposition.

M. Fabre a souligné jeudi que la révision des listes électorales était un point sensible pour son parti. Ces partis avaient finalement accepté mercredi de désigner leurs délégués à la CENI, alors qu'ils avaient pendant des mois refusé d'intégrer cet organisme.

La préoccupation majeure de l'UFC demeure cependant le sort de la candidature de son président M. Olympio, en exil en France. Ce dernier est sous le coup d'une clause de l'article 62 de la Constitution, qui empêche un candidat de briguer le fauteuil présidentiel «s'il ne réside sur le territoire national depuis douze mois au moins».

Enfin, l'ex-secrétaire d'Etat français à l'Intégration Kofi Yamgnane, double national français et togolais, s'est déclaré jeudi déterminé à se présenter à l'élection, selon le quotidien parisien Le Monde.