Dans les paysages lunaires du plateau himalayen du Ladakh, les convois militaires s’étirent et se succèdent. D’après les habitants de Leh, capitale de cet ancien royaume bouddhiste aux confins de l’Inde, le passage est incessant. Appuyés par les forces aériennes, les véhicules transportent soldats, denrées, équipement et matériel de combat. Passant des cols vertigineux, ils convergent vers les vallées reculées de l’Est, qui jouxtent la frontière chinoise. A l’approche de l’hiver et des températures glaciales qui paralyseront la région, l’Inde mobilise ses ressources pour un exercice de logistique militaire hors norme. Cette course contre la montre se joue face au renforcement simultané des positions chinoises et de leurs bases arrière. Le long d’une frontière sous haute tension, 50 000 soldats se regardent désormais en chiens de faïence.

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