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Tokyo affirme son autorité sur la zone disputée par Pékin

Le Japon a réaffirmé ce mardi son autorité sur des îles disputées par la Chine mais a ouvert la porte à des pourparlers de haut niveau. Pékin a pour sa part appelé Tokyo à prendre des mesures concrètes pour apaiser la tension

«Il n’y a aucune querelle territoriale en mer de Chine orientale. Les îles Senkaku appartiennent au Japon», a martelé le ministre nippon des Affaires étrangères, Seiji Maehara, en commission parlementaire. Appelés Diaoyu en chinois, ces îlots sont contrôlés par Tokyo mais revendiqués aussi par la Chine. Une crise s’est ouverte dans les relations sino-japonaises depuis l’arraisonnement, le 8 septembre, d’un chalutier chinois par des patrouilleurs nippons avec lesquels il venait d’entrer en collision. Arrêté par les garde-côtes nippons, le capitaine chinois du bateau de pêche a passé 16 jours en garde à vue dans l’archipel avant d’être libéré vendredi, une décision prise par les autorités japonaises après de vives protestations de Pékin.

Les îles disputées, inhabitées, sont situées dans une zone très poissonneuse et les fonds marins environnants pourraient renfermer d’importantes réserves d’hydrocarbures. Après trois semaines de tension, Mme Jiang a tenu toutefois à rappeler que la Chine tenait «en très haute estime les relations sino-japonaises». Mais «le Japon doit prendre des mesures concrètes pour effacer l’impact négatif de cet incident sur les relations bilatérales», a-t-elle ajouté. Première conséquence de la crise, la Chine a gelé tous les contacts de haut niveau avec le Japon.

Le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshito Sengoku, a toutefois annoncé mardi que Tokyo essayait d’organiser une entrevue entre les premiers ministres japonais Naoto Kan et chinois Wen Jiabao à Bruxelles, en marge du sommet Asie-Europe (Asem) les 4 et 5 octobre. Interrogée à ce propos, Mme Jiang a répondu n’avoir «aucune information».

M. Kan n’avait pas prévu de se rendre à ce sommet, mais il a changé d’avis «car le Japon doit discuter avec les pays asiatiques et européens de la manière de construire une relation avec la Chine», a précisé M. Sengoku. L’Asem regroupe les 27 nations de l’Union européenne et 16 pays asiatiques, dont la Chine et le Japon. Autre manifestation des frictions bilatérales, les autorités chinoises maintenaient mardi en détention quatre Japonais, interpellés dans la province du Hebei (nord) pour être entrés sans autorisation dans une zone militaire.

M. Maehara a convoqué lundi l’ambassadeur de Chine pour que des représentants nippons puissent rencontrer leurs compatriotes sur place, mais les autorités chinoises ont rejeté cette demande. La querelle diplomatique a aussi des répercussions dans le monde des affaires entre la deuxième et la troisième puissance économique de la planète.

La Chine est soupçonnée à Tokyo d’avoir bloqué ses exportations de «terres rares», des ressources minérales stratégiques pour les secteurs de l’électronique et de l’automobile, bien que Pékin démente. Selon la presse nippone, les douanes chinoises ont en outre allongé les délais d’inspection des marchandises en provenance ou à destination du Japon. Le bureau chinois du tourisme a en outre ordonné à des dizaines d’agences de voyage, notamment à Pékin et Shanghai, d’arrêter de prendre des réservations pour des visites au Japon, a assuré le quotidien nippon «Yomiuri Shimbun».

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