Royaume-Uni

«Tolérance zéro» au Parlement britannique suite à des accusations de harcèlement sexuel

Des comportements déplacés de la part de plusieurs élus ont été dénoncés ce week-end dans les médias britanniques, suite à quoi le président de la chambre basse du Parlement prône la «tolérance zéro»

Le président de la chambre basse du Parlement britannique a prôné lundi la «tolérance zéro» face aux «allégations d’une culture de harcèlement sexuel à Westminster», et demandé aux partis politiques de prendre leurs responsabilités sur ces affaires.

«Permettez-moi d’être clair: il doit y avoir une tolérance zéro face au harcèlement sexuel, ici à Westminster ou ailleurs», a déclaré le «Speaker» de la Chambre des Communes, John Bercow, en ouverture d’un débat suscité par les révélations, dans les médias britanniques ce week-end, de comportements déplacés de la part de plusieurs élus.

Des faits qui posent question

Il a évoqué «des allégations troublantes» sur l’existence «d’une culture de harcèlement sexuel à Westminster», alors que plusieurs médias ont rapporté qu’une liste de 13 députés accusés de harcèlement sexuel circulait au Parlement. Le blog politique Guido Fawkes a lui fait état de 36 élus ayant eu un «comportement sexuel inapproprié».

Présente lors du débat, la Première ministre Theresa May avait écrit au cours du week-end à John Bercow pour demander la mise en place de codes de conduite plus stricts. Elle avait également ordonné l’ouverture d’une enquête visant Mark Garnier, secrétaire d’Etat au commerce international, qui a reconnu dimanche avoir affublé sa secrétaire d’un surnom à caractère sexuel et lui avoir donné de l’argent pour acheter des sex toys.

Enregistrement de plaintes

John Bercow a également soutenu la proposition de la cheffe du gouvernement de mettre en place un système d’enregistrement des plaintes propre au Parlement, et indépendant des partis.

Mais, rappelant que les assistants parlementaires étaient employés par les députés et non par le Parlement, il a demandé aux partis politiques d'«être à la hauteur de leurs responsabilités» et de se doter de dispositifs «accessibles, transparents et indépendants» pour enregistrer d’éventuelles plaintes.

Nouvelles mesures

Au cours du débat qui a suivi, la leader de la Chambre des Communes, la conservatrice Andrea Leadsom, a défendu la mise en place d’un service renforcé pour lutter contre le harcèlement sexuel au sein du Parlement britannique, reconnaissant que «le système actuel n’est pas adapté».

Elle a énoncé les grandes lignes des mesures que le gouvernement souhaite adopter, dont la mise en place d’une «équipe dédiée, plus accessible et dotée de plus de moyens», plutôt que le service d’assistance téléphonique actuel.

La députée d’opposition Harriet Harman a salué la tenue du débat, «une bonne chose» selon elle. «Ce n’est pas de l’hystérie», a-t-elle ajouté. Ce débat «n’a que trop tardé et tous les partis présents doivent s’en emparer».

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