L'essentiel

La Suisse a enregistré samedi 217 nouveaux cas de coronavirus en un jour, une remontée par rapport à la veille (181)

Samedi, l'ONU a sonné la mobilisation générale pour accélérer la production d'un vaccin accessible à tous. Vaincre cette pandémie exige «l'effort de santé publique le plus massif de l'histoire», a lancé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.


■ Le tourisme suisse entend prendre ses responsabilités

La branche du tourisme, durement touchée par la crise du coronavirus, demande au Conseil fédéral d'élaborer un plan concret pour les entreprises du tourisme et de l'hôtellerie. Le gouvernement a pris acte de ces revendications et a rencontré dimanche les représentants de l'Alliance du tourisme.

Les échanges, auxquels participaient les onze associations touristiques de l'Alliance ainsi que Suisse Tourisme, ont été «ouverts et constructifs», a annoncé dans un communiqué la Fédération suisse du tourisme (FST). La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga, le ministre de l'économie Guy Parmelin et le ministre de la santé Alain Berset étaient présents.

Avec ses employés, le tourisme veut à nouveau accueillir des clients dès que possible, sous peine de compromettre l’existence de nombreux emplois et la survie de nombreuses entreprises, explique la FST. L’Alliance a assuré qu'elle ferait tout pour concevoir les mesures appropriées afin de protéger à la fois les clients et les employés en vue d'une ouverture prochaine. 

 

■ Quelque 56 000 refoulés à la frontière suisse et 150 amendes par jour

Depuis le 13 mars, les douanes ont refusé l'entrée en Suisse à 56000 personnes. Quelque 150 amendes par jour en moyenne sont infligées, a indiqué l'Administration fédérale des douanes, confirmant une information du Matin Dimanche.

Au vu des nombreux refus d'entrée constatés durant les premières semaines, le Conseil fédéral a précisé les règles. Le tourisme d'achat est notamment puni d'une amende de 100 francs. Sont également sanctionnés les déprédations aux barrières et le franchissement par des passages non autorisés.

L'AFD n'a pas de chiffres détaillés pour chaque type d'infraction, a indiqué Donatella Del Vecchio, porte-parole de l'AFD pour la Suisse romande. Mais la décision du gouvernement le 16 avril visait en premier lieu le tourisme d'achat.

En revanche, le tourisme et les loisirs sont déconseillés, mais pas interdits. Les voyageurs sont tenus de respecter les règles d'entrée en vigueur des pays voisins.

L'armée a déployé 50 professionnels et 750 miliciens en appui pour le contrôle de la frontière. L’AFD utilise également des hélicoptères militaires pour soutenir les forces sur le terrain.

Depuis le 13 mars, le Conseil fédéral a limité les entrées à la frontière avec l'Italie. Il a ensuite étendu cette mesure à l'Allemagne, la France, l'Autriche et l'Espagne et à une partie du trafic aérien.

■ La revue de la presse suisse: Le déconfinement débute  lundi

Alors que la Suisse connaît une pénurie de masques de protection en raison de la crise liée au nouveau coronavirus, des entreprises sises dans le pays en ont exporté 25 tonnes en 2020, contre 13 kg pour toute l'année 2019, révèlent Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, qui citent des statistiques de l'Administration fédérale des douanes (AFD). L'équipement exporté était en outre hautement stratégique, puisqu'il s'agissait de masques FFP2 et FFP3, bénéficiant d'un filtre et destinés aux professionnels de la santé. Le matériel a été envoyé principalement en Chine (14 tonnes), Hong Kong (6 t), en Allemagne (2 t) et en Italie (1 t). «Des intermédiaires ont acheté beaucoup de masques juste avant le déclenchement de la crise. Puis, ils les ont revendus là où il y avait la meilleure offre», explique dans les journaux Enea Martinelli, pharmacien en chef du groupement bernois des hôpitaux FMI (Frutigen, Meirigen et Interlaken) et vice-président de PharmaSuisse. Durant la période, leur prix a fortement augmenté, selon l'AFD. En janvier, les masques étaient vendus en moyenne à 20 francs le kilogramme. Trois mois plus tard, ce montant atteignait en moyenne 205 francs/kg, avec des différences importantes selon les pays.

SonntagsBlick SonntagsZeitung/NZZ am Sonntag affirme qu'alors que la pandémie fait rage en Suisse, le Tessin compte deux fois plus de décès que normalement. L'Office fédéral de la statistique y comptabilisait ces cinq dernières années 61 morts en moyenne par semaine, contre 122 ces derniers temps, soit une hausse de 97%.

Le personnel de vente des supermarchés n'est pas plus touché par le nouveau coronavirus que le reste de la population, rapporte le journal de dimanche. Coop a mêne signalé moins de cas de Covid-19 que la moyenne suisse, même si des conditions chaotiques régnaient dans certains magasins des stations-service, en particulier à Pâques.

Les villes craignent, quant à elles, que le déconfinement progressif ne provoque des conflits, indique la NZZ am Sonntag. L'utilisation de l'espace public sera discutée au sein de l'Union suisse des villes, explique dans le journal Renate Amstutz, la directrice de l'association. Des conflits peuvent éclater, par exemple, sur l'utilisation des zones de circulation, des trottoirs, aux arrêts de bus ou devant certains magasins, ajoute-t-elle. Une enquête menée auprès des villes montre qu'elles sont prêtes à accepter des files d'attente pour lutter contre la propagation du virus.

La NZZ am Sonntag affirme également qu'un assouplissement de conditions d'entrées aux frontières de la Suisse est envisagé. Le regroupement familial devrait bientôt être possible, confirme, dans le journal, un porte-parole de la ministre de la Justice Karin Keller-Sutter.

Le Conseil fédéral est trop hésitant dans son action face à la crise liée au nouveau coronavirus, accuse le président d'economiesuisse Heinz Karrer dans la NZZ am Sonntag. «L'ouverture progressive et contrôlée de l'économie doit être accélérée», lâche-t-il. De nombreux secteurs économiques, comme le tourisme ou la gastronomie, n'ont encore aucune perspective, déclare le responsable. «La saison d'été sera décisive pour beaucoup d'entreprises, notamment celle du secteur du tourisme. Elles doivent pouvoir planifier leur réouverture.» Le Conseil fédéral a décidé de sortir de la crise liée au Covid-19 en trois étapes. Coiffeurs, physiothérapeutes, jardineries et médecins seront autorisés à rouvrir dès lundi. Comme l'école obligatoire, l'ensemble des commerces et des marchés devraient eux rouvrir le 11 mai.

Le président du conseil de direction et de surveillance des Ecoles polytechniques fédérales (EPF), Michael Hengartner, regrette dans Le Matin Dimanche, la SonntagsZeitung et la NZZ am Sonntag le souhait de certains cantons de renoncer aux examens écrits de maturité fédérale en raison de la fermeture des écoles due au nouveau coronavirus. «Un examen de maturité procure une valeur ajoutée considérable, explique-t-il, interrogé par les journaux. La préparation intensive aux examens finaux permet de reprendre une fois encore la matière de façon approfondie et l'examen fournit une indication sur le niveau des performances de l'élève.» Michael Hengartner estime en outre qu'il sera difficile de comparer les notes si certains cantons font passer des examens et d’autres pas. «Dans la situation actuelle, l'égalité des chances, même avec l'examen, n'est pas assurée de manière uniforme», déplore-t-il. La décision du Conseil fédéral est attendue le 29 avril.

■ Un vol de rapatriement a atterri à Zurich 

Un avion de rapatriement en provenance d'Inde a atterri dimanche matin à Zurich avec 91 Suisses et 122 autres passagers, dont 44 sont domiciliés en Suisse. C'est l'avant-dernier vol retour organisé par le Département Fédéral des Affaires étrangères.

L'avion suisse a décollé samedi de Kolkata, dans l'est de l'Inde, fait escale à Kochi, dans le sud, et est arrivé en Suisse dimanche matin peu après 7h. Selon le DFAE, il s'agissait du troisième et dernier vol de retour de l'Inde.

Le dernier vol retour est prévu pour mercredi. Il ramènera des voyageurs suisses en provenance d'Accra (Ghana), d'Abidjan (Côte d'Ivoire) et de Ouagadougou (Burkina Faso).

Pour la suite, le DFAE reste en contact avec les Suisses qui n'ont pas pu ou souhaité rentrer. Selon les informations des ambassades suisses, quelques centaines de personnes sont actuellement encore bloquées à l'étranger et voudraient revenir.

Au final, l'opération mise en place par le DFAE depuis le 22 mars aura permis de rapatrier près de 7200 personnes de toutes les régions du monde. Parmi elles figurent 4065 Suisses et 3098 ressortissants d'autres pays, dont deux-tiers d'Européens. Par ailleurs, 1500 Suisses ont pu rentrer grâce à des vols organisés par d'autres pays.

■ Premières sorties pour les enfants d'Espagne 

Enfermés depuis six semaines, les enfants espagnols se sont offerts dimanche une bouffée d'air grâce à un premier assouplissement du plus strict confinement en Europe imposé le 14 mars quand l'épidémie éclatait au grand jour. 

Contrairement aux autres pays européens, l'Espagne, troisième pays le plus endeuillé du monde par la maladie derrière le Etats-Unis et l'Italie avec près de 23 000 morts, avait interdit aux enfants de sortir depuis le début du confinement général du pays mi-mars.

Les plus de 14 ans peuvent eux sortir pour les motifs autorisés aux adultes comme aller acheter à manger ou sortir le chien. Ils ne devraient pas attendre trop longtemps pour pouvoir, comme les adultes, être autorisés à se promener ou à faire du sport. Ce sera à partir du 2 mai si la contagion continue à ralentir, a annoncé samedi soir le Premier ministre Pedro Sanchez.

■ La réouverture des écoles en septembre en Italie

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a promis la réouverture des écoles en septembre seulement. Il ne veut pas mettre «en jeu la santé des enfants», dans une interview publiée dimanche par le quotidien de gauche La Repubblica

«C'est la santé de nos enfants qui est en jeu», a poursuivi le premier ministre, alors que les établissements scolaires sont fermés depuis début mars en raison de l'épidémie de Covid-19 qui a fait déjà plus de 26 000 morts dans le pays, le plus durement touché en Europe.

Guiseppe Conte a également confirmé que le gouvernement travaillait sur un plan de déconfinement des Italiens et de réouverture des activités industrielles à court terme, à partir du 4 mai.

Ce plan sera annoncé «au plus tard au début de la semaine prochaine» mais les entreprises devront assurer «un respect rigoureux des protocoles de sécurité», comme la distanciation sociale ou le port du masque, a-t-il souligné. Le premier ministre italien a évoqué plus spécifiquement «les activités productives et industrielles plus tournées vers l'exportation» car ces dernières risquent d'être coupées des circuits internationaux.

■ Pékin interdit les comportements «non civilisés»

Pékin va interdire à compter du 1er juin une série de comportements jugés «non civilisés» afin d'améliorer l'hygiène dans les lieux publics en pleine pandémie de nouveau coronavirus, a indiqué dimanche la municipalité. La Chine, qui enregistre officiellement sur son sol plus de 82 000 personnes contaminées au Covid-19 et 4632 décès, a été le premier pays touché par la maladie.

Eternuer ou tousser sans se couvrir le nez ou la bouche et ne pas porter de masque en public en cas de maladie font désormais partie d'une nouvelle liste d'infractions dans la capitale chinoise. Les citoyens sont également tenus de «s'habiller proprement» en public et ne pas se promener torse nu - une référence apparente à la pratique dite du «bikini de Pékin», quand en été de nombreux hommes ont l'habitude de flâner et de déambuler le ventre à l'air et le t-shirt remonté.

Pékin, ville de plus de 20 millions d'habitants, décourage déjà toute une série de comportements «non civilisés», notamment le fait de cracher en public, de jeter n'importe où des détritus, de promener des chiens sans laisse et de fumer dans les lieux où cela est interdit. Les dernières règles - adoptées vendredi - encouragent par ailleurs la police à signaler les infractions graves, qui peuvent affecter le «crédit social» d'une personne.

La Chine a commencé ces dernières années à mettre en place différents systèmes de «crédit social» qui accordent des points aux «bons» citoyens mais peuvent en empêcher d'autres de prendre le train, l'avion, ou d'effectuer une réservation d'hôtel. Le métro de Pékin a ainsi annoncé en mai dernier qu'il avait commencé à enlever des points aux voyageurs qui mangent à l'intérieur des rames.

■ La France promet de «co-construire» le déconfinement

Le gouvernement veut «co-construire» avec les maires, les syndicats et le patronat le plan de déconfinement qui doit organiser le redémarrage progressif de la France à partir du 11 mai, a assuré dimanche Edouard Philippe, alors que des voix à l'Assemblée réclament d'être mieux associés au débat sur le plan.

Le Premier ministre présentera mardi «la stratégie nationale de déconfinement» couvrant la santé (masques, tests, isolement...), l'école, le travail, les commerces, les transports et les rassemblements, énumère-t-il dans une série de tweets. La déclaration prévue mardi sera groupée avec celle, déjà prévue le même jour, sur la question du traçage et de l'application «Stop Covid».

Le confinement est en vigueur en France depuis mi-mars pour bloquer la propagation du nouveau coronavirus qui, selon le dernier bilan samedi, a fait depuis le 1er mars 22 614 morts dans le pays, dont 369 nouveaux décès en 24 heures.

■ La Chine saisit 89 millions de masques de mauvaise qualité

La Chine a assuré dimanche avoir saisi quelque 89 millions de masques non conformes en pleine pandémie de Covid-19, au moment où le pays s'efforce de dissiper les craintes à propos de la qualité du matériel médical exporté.

Depuis son apparition en décembre en Chine, le virus a contaminé près de 3 millions de personnes dans le monde et fait plus de 200 000 morts. Et la demande d'équipements de protection est montée en flèche auprès du géant asiatique, qui est le principal fournisseur mondial.

Ces dernières semaines, plusieurs pays européens comme l'Espagne, les Pays-Bas ou la Finlande se sont plaints des masques qu'ils ont réceptionnés de Chine, jugeant qu'ils n'étaient pas aux normes.

La valeur de la marchandise saisis a été chiffrée à 7,6 millions de yuans (près d'un million d'euros). A la date de vendredi, la Chine avait exporté plus d'un milliard de masques vers 74 pays et régions, a indiqué le ministère du Commerce.

■ Tout n'est pas rose pour les géants américains de la tech

L'économie mondiale est paralysée par le coronavirus, la récession menace et les recettes publicitaires sont asséchées, mais les géants des technologies, Amazon, Google et Facebook en tête, battent des records d'utilisation prometteurs pour leur avenir.

De mardi à jeudi, tout comme Apple et Microsoft, ils publieront leurs résultats financiers pour les trois premiers mois de l'année, marqués par le basculement de la planète dans la pandémie et la crise économique.

Mais tout n'est pas rose chez les GAFA. La publicité, nerf de la guerre pour Google et Facebook, est l'un des premiers budgets réduits par les entreprises en difficulté. Les sociétés numériques doivent assurer un service devenu essentiel, avec des moyens restreints. Leurs employés travaillent de leur garage, de leur salon, ou, pire, dans des entrepôts difficiles à protéger du virus. La production d'appareils électroniques (comme les smartphones) et de contenus pour les plateformes de streaming (séries, jeux vidéo) prend du retard. Un à un, les groupes ont retiré ou abaissé leurs prévisions pour 2020.

■ Des fabriques textiles du Bangladesh rouvrent malgré le confinement

Des centaines d'ateliers textiles ont rouvert au Bangladesh, en violation du confinement en vigueur dans ce pays, un des centres mondiaux de production de vêtements, au risque d'une propagation du coronavirus parmi la main d'oeuvre, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

Forcées de fermer leurs boutiques à travers le monde pour respecter les mesures de confinement, les grandes marques de prêt-à-porter ont annulé pour au moins 3,1 milliards de dollars de commandes passées dans ce pays d'Asie du Sud, selon l'Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA).

Les manufactures ont cessé leur activité fin mars à la suite du confinement imposé aux 168 millions de Bangladais, mais certains fabricants disent subir des pressions pour honorer des commandes d'exportations dans les délais prévus, sous peine de perdre des clients au profit de leurs concurrents vietnamiens ou chinois.

«Nous devons accepter le coronavirus comme une réalité de la vie. Si nous n'ouvrons pas nos usines, il y aura une crise économique», a déclaré à l'AFP le vice-président de l'Association des fabricant et exportateurs de textile du Bangladesh, Mohammad Hatem. Lui-même dit avoir rouvert partiellement une usine qui travaille notamment pour la marque britannique Primark.

Les vêtements représentent 80% des exportations nationales et fournissent des emplois à plus de quatre millions de personnes, principalement des femmes de villages pauvres des zones rurales.

Des dirigeants syndicaux ont mis en garde contre une explosion du nombre de contaminations au Covid-19 en cas de reprise massive du travail. Le pays compte officiellement 145 morts pour quelque 5500 cas, mais peu de tests ont été effectués et les experts considèrent ces donnés comme probablement très inférieures à la réalité.