L’essentiel

A Berne, les élus fédéraux ont entamé une session extraordinaire entièrement consacrée au coronavirus dans les halles de Bernexpo. Des débats vigoureux vont être tenus jusqu'à jeudi, notamment à propos des crèches ou de l'aide à Swiss.

Aux Etats-Unis, Donald Trump a promis un vaccin «avant la fin de l’année» sur Fox News. Washington a par ailleurs encore durci le ton contre la Chine en affirmant disposer d’un «nombre significatif de preuves» que le coronavirus provient d’un laboratoire de Wuhan.

Retrouvez les informations de samedi et de dimanche.


■ Trois déconfinements dans trois endroits de la planète

Aux Seychelles. L'archipel des Seychelles a commencé ce lundi à assouplir ses mesures de confinement Les autorités avaient instauré le confinement le soir du 8 avril. Elles avaient ordonné la fermeture des services non essentiels, et interdit tout déplacement, à part pour faire ses courses, et les rassemblements de plus de quatre personnes. Ces mesures avaient été encore durcies quelques jours plus tard avec l'interdiction de circuler entre 19h et 6h.

Les écoles ne rouvriront leurs portes qu'à la mi-mai, et les bars et restaurants en juin. Les rassemblements restent interdits. Les Seychelles ont compté 11 cas.

L’AFP rappelle que l’archipel de 115 îles, situé dans l'océan Indien a accueilli en 2018 plus de 360 000 visiteurs, surtout des Européens, soit deux fois plus que dix ans auparavant, et près de quatre fois sa population (95 000 habitants).

Mais il a été durement touché par l'impact du coronavirus sur le tourisme mondial. Dès l'annonce des premiers cas sur le sol national, le gouvernement a interdit aux bateaux de croisière d'accoster à Mahé, puis fermé l'aéroport international. Celui-ci ne rouvrira que le 1er juin et de strictes mesures sanitaires y seront mises en place. Les bateaux de plaisance et les yachts pourront également entrer sur le territoire seychellois à cette date.

Aux Nigeria. Les rues de Lagos, ville la plus peuplée d'Afrique subsaharienne, grouillaient à nouveau de monde lundi et ses habitants se disaient «soulagés» après un confinement d'un mois qui a asphyxié l'économie nigériane.

La veille encore, la mégapole économique était une ville fantôme, triste et silencieuse. Mais dès les premières lueurs du jour, entre les klaxons énervés et les harangues des commerçants, la ruche de 20 millions d'habitants s'est très vite animée, revenant soudain à la vie comme après un mauvais rêve.

A chaque coin de rue, les petits vendeurs de boissons, de légumes et de viande grillée avaient repris place derrière leurs glacières et leurs bidons fumants tandis que les files de voyageurs s'allongeaient sur les parkings pour aller au travail, raconte l’AFP.

Face à la pression sociale, après les violences et les pillages qui avaient émaillé ces dernières semaines, le gouvernement a décidé s'assouplir les mesures et de n'imposer qu'un couvre-feu de 19 heures à 6 heures du matin. Dans ce pays où plus de 80 millions d'habitants – sur un total de 200 millions – vivent sous le seuil de l'extrême pauvreté, et où l'on dépend surtout du secteur informel pour survivre, la faim se faisait cruellement sentir.

En Grèce. Ce lundi, les Athéniens se sont précipités avec enthousiasme mais prudence dans les salons de coiffure et les petits commerces.

Le long des artères bondées, où déambulent sous le soleil des Grecs pour la plupart masqués et gantés pour se protéger du coronavirus, les coiffeurs ont été les premiers pris d'assaut. Les clients et ceux qui les accompagnent patientent devant les salons pour respecter les règles d'hygiène.

La tenancière d’un salon de coiffure explique : «On ne peut pas recevoir plus de quatre personnes en même temps dans notre 20 m2, ça fait deux clients maximum, onze clients par jour».

«C'est maintenant que commence la phase difficile. Le retour à une nouvelle normalité ressemble à la sortie d'un labyrinthe», a déclaré le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas, en annonçant le lancement d'une campagne de dépistage. Les 25 premières des 500 équipes dédiées au dépistage ont été déployées sur le terrain pour tester les personnes vulnérables et les établissements fermés, comme les prisons et les maisons de retraite.


■ Le bras de fer sur les crèches commence

Le Conseil fédéral n'en veut pas, le National tape fort dès le premier vote: par 130 voix contre 60, les députés ont approuvé un crédit de 100 millions pour les crèches, au titre des aides de crise.

Le gouvernement refusait cet appui en arguant que les crèche ne relèvent pas de la Confédération. Les commissions des deux Chambres ont élaborés leurs motions pour lui forer la main.

L'UDC (59 sièges) refusait d'accorder cette manne, avec le motif invoqué par le Conseil fédéral. L'argument principal, pour les partisans, est que les crèches et les structures d'accueil extrafamilial devraient bénéficier de cette aide en compensation des contributions que les parents n'ont pas versées durant la période de semi-confinement.


■ Une équipe médicale affirme qu'un cas de nouveau coronavirus est apparu en décembre en France

En France, les trois premiers cas identifiés de contamination au Sars-Cov-2 en France datent du 24 janvier: un couple de trentenaires chinois originaires de Wuhan, berceau de l'épidémie, et un habitant de la région de Bordeaux, dans le sud-ouest, de retour d'un voyage en Chine.

Mais le Pr Yves Cohen, chef du service de réanimation des hôpitaux Avicenne et Jean-Verdier en Seine-Saint-Denis, en région parisienne, a annoncé un cas positif remontant au 27 décembre.

On a ressorti tous les dossiers de patients hospitalisés en réanimation à Jean-Verdier et Avicenne du 2 décembre au 16 janvier, qui avaient une pneumonie mais une PCR négative

Ces tests avaient été faits pour détecter une éventuelle contamination par la grippe ou par d'autres coronavirus, mais pas par celui qui a causé la pandémie, puisqu'il n'était pas encore connu. A la lumière de l'épidémie, les prélèvements, congelés, ont cette fois-ci été testés pour le nouveau coronavirus. «Sur les 14 patients, un était positif», a-t-il précisé.

Il s'agit d'un homme de 42 ans testé le 27 décembre, selon l'étude parue dans International Journal of Antimicrobial Agents. La preuve que «le Covid-19 se propageait déjà en France fin décembre 2019, un mois avant les premiers cas officiels», écrivent les auteurs.

Selon le Yves Cohen, une hypothèse serait qu'il ait été contaminé par sa femme, elle-même asymptomatique, qui travaille au rayon poissons d'un supermarché «à côté du stand des sushis avec des personnes d'origine asiatique».


■ Les start-ups peuvent désormais solliciter des cautionnements

Les start-ups souhaitant une aide en matière de liquidités pourront en faire la demande à compter du 7 mai prochain et jusqu’à fin août. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a élaboré, en concertation avec les cantons intéressés une procédure de cautionnement particulière sur la base du système existant, afin de garantir l’octroi de crédits bancaires à des start-ups qualifiées. Ce cautionnement est assuré à 65% par la Confédération et à 35% par le canton ou par un tiers mandaté par le canton.

De ce fait, la Confédération et le canton (ou un tiers) cautionnent intégralement un montant à hauteur de 1 million de francs par start-up. Ce dernier peut au maximum équivaloir à un tiers des frais courants 2019. Le canton peut, dans des cas motivés, diverger de ce montant dans son évaluation.

Lire aussi: Premier pas fédéral en faveur des start-up

À la différence de la procédure classique valable pour les PME, la start-up dépose une demande sur le site internet easygov. Cette dernière est transmise au canton participant dont une instance examine les conditions et transmet son évaluation à l’organisme de cautionnement compétent. Les start-ups éligibles doivent présenter de graves difficultés économiques suite à la pandémie. Elles doivent en outre être basées dans un canton participant et avoir été fondées entre le 1er janvier 2010 et le 1er mars 2020.

Les cantons de Vaud et de Neuchâtel ont été les premiers à confirmer leur participation à ces mesures


■ Bousculades à l’ouverture des magasins d’alcool indien

En Inde, les débits d’alcool ont été autorisés à rouvrir après 40 jours de prohibition. Mais malgré les cercles de chaux destinés à faire respecter les distances entre les clients, des scènes de cohue se sont produites devant de nombreuses échoppes. Des consommateurs équipés de masques se sont bousculés dans les longues files d’attente, forçant la police à fermer des débits dans certaines zones et disperser les assoiffés.

Le gouvernement a reconduit pour deux semaines à partir de lundi le confinement national instauré le 25 mars, mais en l’assouplissant largement. Si les lieux de rassemblements (écoles, centres commerciaux, restaurants…) restent fermés, la plupart des commerces peuvent ouvrir, sauf dans les «zones d’endiguement» scellées par les autorités. Les entreprises peuvent à nouveau faire venir leurs employés, dans la limite d’un tiers d’entre eux. Les transports publics (bus, rickshaws, taxis…) peuvent reprendre sous conditions dans les districts les moins touchés, mais restent à l’arrêt ailleurs, notamment dans les grandes villes.

L’Inde a recensé 1373 morts du coronavirus pour 42 533 cas confirmés, des chiffres considérés par les experts comme sous-évalués en raison de la faiblesse du dépistage.


■ «Traçage des contacts» dès la semaine prochaine

Si le nombre de nouvelles infections du coronavirus continue de diminuer, le traçage des contacts pourra débuter la semaine prochaine au niveau national, a déclaré Daniel Koch, le délégué de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour le coronavirus. «Les cantons sont prêts.» Certains d’entre eux ont déjà commencé à mettre en œuvre le «traçage des contacts», a-t-il indiqué, en se félicitant du recul des nouvelles infections observé chaque jour ces derniers temps.

La crise n’est pas terminée, mais elle peut être contrôlée

Daniel Koch

Les personnes en contact avec des malades devront être placées en quarantaine ou en isolement. Il ne s’agit pas de mesures «volontaires», des sanctions peuvent être prises dans le cas contraire, a-t-il souligné.

Daniel Koch a appelé la population à continuer à respecter les règles d’hygiène et de distanciation sociale. Si l’amélioration se poursuit, l’OFSP pourrait assouplir les restrictions pour les membres des groupes à risque, et notamment pour les visites des personnes âgées dans les homes.

La conférence de presse de l’OFSP:


■ En Allemagne, une personne infectée sur cinq ne présenterait pas de symptôme

Une équipe de chercheurs de l’université de Bonn a mené une étude poussée des malades recensés à Gangelt, une localité d’environ 11 000 habitants située dans le district de Heinsberg, un des principaux foyers allemands du virus après la participation à un carnaval d’un couple infecté. Cette étude, basée sur des entretiens et analyses auprès de 919 personnes, issues de 405 ménages, permet ainsi de déterminer avec précision le taux de létalité de l’infection. A Gangelt, quelque 15% de la population ont été infectés. Le taux de décès parmi ces malades a atteint 0,37%. «Si nous extrapolons ce chiffre aux près de 6700 décès associés au Covid-19 en Allemagne, le nombre total de personnes infectées serait estimé à environ 1,8 million», selon l’étude, soit un nombre «dix fois supérieur au nombre total de cas officiellement signalés». «A Gangelt, 22% des personnes infectées ne présentaient aucun symptôme», révèle aussi l’étude. Cet aspect confirme, selon les chercheurs, l’importance des règles générales de distance et d’hygiène.


■ Davantage de terrasses à Lausanne

Les autorités lausannoises ont annoncé qu’elles allaient «promouvoir et faciliter l’extension et la création de terrasses pour les bars et restaurants». La municipalité indique qu’une «équipe dédiée examinera rapidement» les demandes déposées et «facilitera la mise en œuvre en proposant, cas échéant, de requalifier l’espace public si nécessaire».


■ Le bilan en début d’après-midi: près de 250 000 morts

La pandémie a fait au moins 247 503 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi à 13h. Plus de 3 521 600 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 195 pays et territoires. Ce nombre ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Au moins 1 073 568 personnes sont aujourd’hui considérées comme guéries.

Les États-Unis sont le pays le plus touché, avec 67 682 décès. Ensuite, les pays les plus touchés sont l’Italie avec 28 884 morts, le Royaume-Uni avec 28 446 morts, l’Espagne avec 25 428 morts et la France avec 24 895 morts. La Chine (sans les territoires de Hongkong et Macao), a officiellement dénombré 4633 décès.

En Suisse, l’OFSP dénombre pour l’heure 1477 décès pour 29 981 cas confirmés. Les données récoltées par les cantons font elle état de plus de 1700 morts.

L’Europe totalisait 143 981 décès pour 1 562 776 cas, les Etats-Unis et le Canada 71 456 décès (1 217 515 cas), l’Amérique latine et les Caraïbes 13 877 décès (257 988 cas), l’Asie 9235 décès (244 381 cas), le Moyen-Orient 7025 décès (186 403 cas), l’Afrique 1806 décès (44 391 cas) et l’Océanie 123 décès (8 153 cas).


■ En photos: retour à l’école


■ Près de 53 000 signatures pour un redémarrage «plus humaniste, local et durable»

La pétition de l’Appel du 4 mai, lancée le 23 avril, qui invite les parlementaires fédéraux à tenir compte de l’aspiration d’un certain nombre de citoyens à un redémarrage différent de l’économie après des semaines de semi-confinement, a été remise à Berne lors de la session extraordinaire. A 10h, le texte avait recueilli 52 900 signatures, essentiellement en Suisse romande.

La pétition émane de citoyens de l’Arc lémanique. Elle demande davantage de local et un soutien pour les paysans suisses et les entrepreneurs régionaux. le texte demande aussi de meilleures conditions de travail pour certaines professions, comme les soignants, ainsi qu’une réduction du poids de l’économie dans le concept de durabilité, au profit de l’environnement et de l’humain.

De son côté, Greenpeace a également lancé une pétition, qui va dans le même sens que l’Appel du 4 mai. Son texte, qui demande que le soutien apporté à l’économie tienne compte du climat, a recueilli au moins 22 000 signatures. Les militants de l’organisation écologiste ont proposé la pétition aux parlementaires qui se rendaient à la session extraordinaire à Bernexpo.


■ Les Espagnols retrouvent, masqués, le chemin des commerces

Le masque est devenu obligatoire dès aujourd’hui dans les transports en commun en Espagne. Certains petits commerces ont pu rouvrir alors que le pays allège progressivement un des confinements les plus stricts au monde. Des millions de masques ont de nouveau été distribués dans les gares et les stations de métro, au 50e jour de confinement. Jusque-là, le port du masque était seulement recommandé.

Les Espagnols ont également découvert qu’ils pouvaient, à certaines conditions, se rendre dans certains commerces. Les listes d’attente s’allongent ainsi chez les coiffeurs, qui peuvent recevoir sur rendez-vous. Rendez-vous aussi pour se rendre dans les commerces de moins de 400 m2 de surface, et qui ne peuvent pas recevoir plus d’un client par employé et doivent désinfecter les locaux deux fois par jour.

L’Espagne reste néanmoins dans ce que le gouvernement a baptisé la «phase zéro» du déconfinement. Le pays n’a enregistré que 164 morts au cours des dernières 24 heures, le même chiffre que la veille, selon le ministère de la Santé. Le bilan total des morts s’élève à 25 428.


■ L’Exposition universelle 2020 reportée d’un an

L’Exposition universelle de 2020 à Dubaï aura lieu en 2021, a annoncé le Bureau international des expositions (BIE), la résolution en ce sens ayant obtenu la majorité requise de deux tiers des pays membres. L’Expo 2020 aura lieu du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022, indique un communiqué de l’organisme.


■ La session extraordinaire du parlement a débuté

Le Conseil fédéral a agi dans l’urgence pour parer à la crise du Covid-19. Le Parlement doit maintenant retrouver ses responsabilités, a déclaré la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga en ouverture de la session extraordinaire. «Le Conseil fédéral n’a pas pris ces décisions à la légère. Il s’en est tenu au principe de proportionnalité comme l’exige la Constitution fédérale», a dit Simonetta Sommaruga. Mais il y a une chose à laquelle le virus ne saurait atteindre, notre démocratie.

La présidente du Conseil national, Isabelle Moret (PLR/VD), a ouvert la session en se réjouissant d’une occasion de «permettre de dessiner plus précisément les contours de la Suisse de demain, une Suisse qui se relance, progressivement mais sûrement, en s’adaptant aux défis économiques et sanitaires».

Le Parlement représente la population et les gens comptent aujourd’hui plus que jamais sur nos idées, solutions et notre capacité à maîtriser cette crise

Isabelle Moret

Elle a rendu hommage à toutes celles et ceux qui ont perdu un proche au cours de cette période et qui ont dû vivre leur deuil dans la plus stricte intimité. La présidente du National a remercié toutes celles et ceux qui ont travaillé tout au long de cette crise, des agriculteurs aux caissiers et caissières de magasin sans oublier le personnel soignant.

Les différentes interventions et débats peuvent être suivis en vidéo sur le site du parlement.


Les positions des différents groupes parlementaires:

PS: La santé et l’économie ne sont pas contradictoires, a lancé Roger Nordmann (PS/VD). La stratégie d’endiguement qui sera mise en place prochainement est absolument nécessaire, a-t-il avancé. Le PS est contre une levée trop rapide des restrictions et des mesures de protection. «Nous devons être très attentifs.» Par ailleurs, a encore souligné le Vaudois, il est nécessaire d’agir pour soutenir les travailleurs, notamment dans les secteurs les plus exposés. «La rémunération ne reflète pas le mérite», a regretté Roger Nordmann.

UDC: Malgré le plan contre les pandémies, la Suisse était mal préparée, critique l’UDC. Le droit d’urgence doit être abrogé au plus vite, a déclaré le président du parti Albert Rösti. Le groupe UDC a déposé une motion en ce sens. Le pays a manqué de produits d’hygiène comme les désinfectants, de masques et même de médicaments, notamment les anesthésiants. Ces lacunes doivent être comblées, a estimé le conseiller national bernois. A l’avenir, les contrôles aux frontières devront être maintenus, a ajouté Céline Amaudruz (UDC/GE). Il faut éviter que des personnes infectées n’entrent. Les employeurs ne devront embaucher que de la main-d’oeuvre indigène.

Verts: La crise doit permettre d’accélérer le tournant vers une économie plus verte, a déclaré le chef du groupe écologiste Balthasar Glättli (ZH). «Les programmes conjoncturels liés à la crise pourraient permettre d’accélérer le processus», a estimé le conseiller national zurichois. «Il faut aussi saisir l’occasion pour réduire la mobilité en augmentant le télétravail, privilégier les circuits courts et l’économie locale et sortir de la dépendance aux énergies fossiles» selon lui. La reprise devra être écologique, a renchéri Léonore Porchet (Verts/VD). C’est la solidarité qui va nous faire sortir de la crise la tête haute, a ajouté la conseillère nationale.

Centre: La Suisse a les instruments pour maîtriser la crise, a assuré Marco Romano (PDC/TI). Selon lui, une «politique constructive et pragmatique» est nécessaire. «Le fédéralisme est une arme qui gagne», a lancé le démocrate-chrétien. La phase à venir nécessitera de reconnaître les différences régionales. Le Tessin pourrait avoir besoin d’autres mesures. L’objectif prioritaire doit rester la santé de la population, a-t-il poursuivi au nom du groupe du centre. Le PEV a de son côté appelé à ne pas oublier les personnes vulnérables ou encore les fidèles dépourvus de lieu de culte. Martin Landolt (PBD/GL) s’est lui fendu d’un satisfecit au gouvernement: «le Parlement doit résister à la tentation de jouer les gouvernements de l’ombre».

PLR: «Personne ne pourra oublier l’apparition brutale du coronavirus en Suisse», a affirmé Olivier Feller (PLR/VD). Aujourd’hui s’annonce la phase de déconfinement et la Suisse devra balancer les intérêts, estime le PLR. La barrière sociale doit être maintenue aussi souvent que possible et elle doit être remplacée par le port du masque s’il n’est pas possible de garder la distance sociale. Mais, le déconfinement doit être aussi rapide que possible afin que la société ne sorte pas morte d’avoir survécu au virus, a lancé le conseiller national vaudois. Le déconfinement progressif est une mesure de bon sens. Il ne faut pas opposer économie et santé. Il n’y aurait plus d’hôpitaux, plus de récoltes, plus de formation si tout restait à l’arrêt.

Vert’libéraux: Les acquis libéraux et l’environnement ne doivent pas faire les frais de la crise, estiment les Vert’libéraux. Il ne faut pas que l’intervention massive dans l’économie et la société ne deviennent la normalité. La Suisse a les moyens de rebondir et doit compter sur la collaboration internationale, a déclaré pour son groupe Tiana Angelina Moser (PVL/ZH). La crise a mis en évidence une solidarité unique envers les personnes vulnérables, mais elle a aussi montré les efforts à faire pour mieux concilier vie professionnelle et vie privée pour les familles. «Cette crise doit donner la chance d’un changement», a-t-elle poursuivi.


■ Etat d’urgence au Japon jusqu’à la fin du mois

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé la prolongation dans tout le pays jusqu’au 31 mai de l’état d’urgence qui avait été déclaré le 7 avril. «Toutes les préfectures du pays sont concernées», a déclaré Shinzo Abe au sujet des mesures qui devaient à l’origine prendre fin mercredi.

«Le nombre de nouveaux cas a diminué mais malheureusement cette décrue n’a pas atteint les niveaux escomptés», a estimé le ministre chargé de la lutte contre l’épidémie, Yasutoshi Nishimura.


■ Les PME sont un peu moins pessimistes qu’il y a un mois

Quelque 36% des petites et moyennes entreprises (PME) interrogées par l’école de commerce zurichoise ZHAW s’attendent à des difficultés financières ces 12 prochains mois, alors qu’elles étaient encore plus de 50% fin mars, rapporte l’agence AWP. Une entreprise sur huit estime cependant «élevé» le risque de faillite sur la période sous revue. «Les perspectives à long terme ne se sont par contre pas encore améliorées», a nuancé Andreas Schweizer, intervenant pour la finance d’entreprises à la ZHAW. Car 70% des 350 PME sondées entre le 21 et le 24 avril tablent toujours sur des perspectives économiques «négatives ou très négatives» ces 12 prochains mois. Ce pourcentage est seulement en recul de 7% comparé au sondage de mars.

Quelque 40% des sociétés ont par ailleurs utilisé l’aide publique mise à disposition par la Confédération et la moitié a introduit le chômage partiel. Malgré cela, un tiers des personnes interrogées s’attend à devoir éventuellement effectuer des licenciements.


■ Le Conseil fédéral s’est «empêtré dans les contradictions», selon Hans Stöckli (PS/BE)

Le président du Conseil des Etats critique le Conseil fédéral pour ses décisions relatives au déconfinement dans une interview aux journaux de CH-Media. Il est vrai que le Conseil fédéral a pris ses responsabilités et fait passer l’intérêt commun en premier et qu’il n’est pas tombé dans la même cacophonie que dans le dossier européen, relève Hans Stöckli.

Toutefois, au moment d’aborder le déconfinement, il s’est égaré dans le micromanagement, estime le socialiste bernois. «Là, il s’est empêtré dans les contradictions: les grands distributeurs pouvaient vendre des livres, pas les librairies; les grands-parents ont le droit d’embrasser leurs petits enfants mais pas de les garder; les musées peuvent ouvrir le 11 mai, les zoos seulement le 8 juin», illustre-t-il. Et d’ajouter que de tels détails ne peuvent pas être gérés par un organe de conduite stratégique tel que le Conseil fédéral.

Ce dernier aurait dû régler ces questions de détail en consultant les personnes concernées et en prenant des décisions en se basant sur des critères clairs, indique le conseiller aux Etats.


■ Les élus fédéraux sur leurs nouveaux bancs

Les parlementaires fédéraux entament dans les halles de Bernexpo la première session extramuros de leur histoire. Consacrée entièrement au coronavirus, le menu et les règles de distance à observer durant la session sont précis. Les débats des deux Chambres ne commenceront jamais à la même heure et les élus doivent bien lire l’ordre du jour car les horaires changent presque tous les jours pour les deux conseils. La session s’achèvera au plus tard jeudi.

La Chambre du peuple ouvre les feux 10h. Après avoir testé le système de vote, les députés entreront dans le vif du sujet en se penchant sur les rallonges de plus de 55 milliards de francs que le gouvernement demande pour faire face à la pandémie. Quelque 40 milliards doivent servir au cautionnement de prêts pour les PME. Le National examinera aussi une série de motions de commissions visant à assouplir les conditions de ces prêts et lutter contre les abus.

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Le menu du Conseil des Etats sera plus bigarré. Après un échauffement avec l’engagement de l’armée qui devrait être avalisé sans problème, le soutien d’urgence au secteur aérien demandé par le gouvernement devrait faire des remous dans le camp rose-vert. Ensuite, les thèmes seront aussi divers que les demandes des commissions: soutien aux médias, aux crèches, stratégie de prévention, rythme de déconfinement, approvisionnement en médicaments, application de traçage des contacts et loyers. Le Conseil fédéral s’oppose à toutes les motions.

Avec quelques petites variations, les deux Chambres s’échangent mardi leurs sujets de lundi. Les crédits pourraient même faire la navette entre les deux conseils le même jour.



■ Prudente réouverture en Italie

Premier pays à avoir confiné l’ensemble de sa population le 9 mars dernier, l’Italie s’entrouvre, avec un régime de semi-liberté surveillée qui reste à la merci d’une reprise de la pandémie. Le pays hésite entre soulagement et inquiétude, étouffé par près de deux mois d’enfermement, ébranlé par une économie à genoux et traumatisé par le décès d’environ 30 000 personnes, un bilan officiel sans doute en deçà de la réalité.

Quelque 4,4 millions de salariés, qui ne sont pas en mesure de télétravailler, retrouvent le chemin du chantier, de l’entrepôt, de l’usine ou du bureau en gardant leurs distances, y compris dans des transports en commun qui fonctionnent à capacité réduite et où il faut porter un masque de protection. Les Italiens peuvent désormais se promener, faire du vélo ou courir seuls au-delà de la proximité immédiate de leur domicile, sortir avec plusieurs enfants. Les parcs rouvrent, sauf cas particuliers. Il est possible de rendre visite à des proches à condition qu’ils vivent dans la même région; autorisé aussi d’assister à des funérailles regroupant quinze personnes maximum.

Mais pas d’école pour 8,5 millions d’élèves, vraisemblablement jusqu’en septembre; pas de pique-nique ou de week-end à la plage aux beaux jours revenus; pas de musées, de commerces de détail ni de bibliothèques jusqu’au 18 mai; pas de messe ni de spectacles jusqu’à nouvel ordre; jusqu’en juin au mieux, pas de bars ou de restaurants toutefois autorisés à vendre de la nourriture à emporter, même si des régions comme la Vénétie ont donné plus de latitude. Une attestation de déplacement reste obligatoire.


■ Les telenovelas sud-américaines sur pause

Pas de baisers, pas d’embrassades et une proximité entre acteurs impossible: la pandémie a mis les tournages de telenovelas en veilleuse en Amérique latine, berceau de ces mélodrames télévisés. Avec des acteurs, scénaristes, réalisateurs, costumiers et machinistes confinés chez eux, les grandes chaînes de télévision ont suspendu les tournages, et parfois même la diffusion, de leurs séries emblématiques.

Peu d’épisodes étaient enregistrés en réserve. Elles ont retiré certaines productions des écrans, retardé des projets en cours et parfois reprogrammé de vieux feuilletons. «Nous avons suspendu tous (les tournages). Nous avons terminé la diffusion d’une telenovela comme prévu, anticipé la fin d’une autre qui était quasi terminée, et interrompu la diffusion de deux autres qui reprendront l’antenne dès que le confinement cessera», indique le géant latino-américain de la télévision TV Globo, dont les studios de production ne fonctionnent plus qu’avec 15% de leurs employés. A la place des telenovelas, les chaînes ont également augmenté leur créneau dédié aux informations, alors que les audiences battent des records en raison du confinement.