Mauvaise nouvelle pour l’ex président. La Cour d’appel de Paris a validé des écoutes téléphoniques compromettantes pour lui, qui lui ont valu une mise en examen pour corruption, a annoncé jeudi un de ses avocats. L’affaire pourrait entraver ses ambitions présidentielles en 2017.

«Contrairement à ce que nous pouvions légitimement espérer, la cour n’a pas fait droit à l’essentiel de nos moyens de nullité, à une seule exception», a déclaré l’avocat Paul-Albert Iweins, qui a annoncé un pourvoi en cassation contre cette décision. La défense réclamait l’annulation d’écoutes entre l’ancien président et un de ses avocats, Me Thierry Herzog.

L’enquête dans laquelle M. Sarkozy est mis en examen, et qui était gelée depuis l’automne, va donc reprendre.

L’affaire concerne à la base les agendas présidentiels de Nicolas Sarkozy, dont la Cour de cassation doit décider si la justice peut les utiliser ou non. Ces carnets bourrés de rendez-vous pourraient influencer le résultat de plusieurs affaires dans lesquelles l’ancien président est mêlé, comme l’instruction de l’abus de faiblesse dans l’affaire Bettencourt, ou l’affaire Karachi. Pour savoir vers quoi se dirigeait la décision de la Cour de cassation, Thierry Herzog avait approché le juge Gilbert Azibert, un ami, en lui laissant entendre que Nicolas Sarkozy pourrait l’aider à obtenir un poste à Monaco. En instruisant l’affaire des financements libyens dans sa campagne, les juges d’instruction ont placé sur écoute Nicolas Sarkozy et découvert à cette occasion qu’il utilisait un second téléphone portable, au nom de «Paul Bismuth», qu’il utilisait pour converser avec son avocat Thierry Herzog. Ce sont ces écoutes, qui font intervenir l’affaire Bettencourt, que la cour d’appel a validées ce matin.

Au final, l’ex-président n’a pas obtenu gain de cause, ni Gilbert Azibert le poste convoité.

«Corruption active»

Nicolas Sarkozy a été mis en examen début juillet pour «corruption active», «trafic d’influence» et «recel de violation du secret professionnel». Il risque jusqu’à dix ans de prison. Auparavant, son avocat, Me Thierry Herzog, et M. Azibert, avaient eux aussi été mis en examen.

A l’annonce de la décision de la Cour d’appel ce matin, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu’il se pourvoyait en cassation