Roumanie

Traian Basescu réinstallé à la présidence

Par six voix sur neuf, la Cour constitutionnelle a décidé que le référendum du 29 juillet n’avait pas recueilli suffisamment de participation pour être validé

Une pause dans la tragicomédie roumaine de l’année? Par six voix sur neuf, la Cour constitutionnelle a invalidé mardi le référendum de destitution de Traian Basescu, organisé le 29 juillet dernier à l’initiative de la coalition sociale libérale (USL) du premier ministre Victor Ponta.

L’ancien capitaine de marine aux penchants populistes sera donc réinstallé dans son fauteuil présidentiel, qu’occupait par intérim le coprésident de l’USL, Crin Antonescu, depuis que le parlement s’était prononcé le 6 juillet en faveur d’une destitution. Ce dernier a déclaré qu’il respecterait le verdict de la Cour constitutionnelle, qu’il juge pourtant «injuste». «C’est une bonne nouvelle après un long interlude de blocage politique, relève Sorin Ionita, analyste à l’Expert Forum, à Bucarest. Cette décision s’imposait. La Cour constitutionnelle aurait pu la rendre dès le 2 août, lorsqu’elle avait une première fois siégé sur le référendum, au lieu de la repousser.»

Cohabitation houleuse

Le scrutin du 29 juillet avait pour objet d’avaliser, ou non, la destitution votée à la hâte par les parlementaires sur fond de cohabitation houleuse entre Traian Basescu et Victor Ponta. Avec 87% des suffrages pour la destitution, il s’est soldé par un désaveu du président, au comble de l’impopularité après huit années de pouvoir. Mais dans le creux de l’été, seuls 47% des électeurs s’étaient déplacés, contre les 50% requis pour valider le référendum. Sous l’œil sourcilleux de Bruxelles, Victor Ponta a tenté jusqu’au dernier moment de peser sur la décision de la cour allant jusqu’à réclamer, lundi soir, une révision a posteriori des listes électorales pour y radier 3,5 millions de noms.

Si ce verdict ramène un peu d’ordre à court terme, «les deux camps sont tellement polarisés qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le pays soit gouverné dans la sérénité jusqu’en novembre», poursuit Sorin Ionita. Les législatives qui doivent se tenir ce mois-là devraient permettre de clarifier le jeu politique. Mais d’ici là, la campagne électorale dans laquelle vient de basculer la Roumanie s’annonce particulièrement hargneuse.

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