«On dirait qu’ils ont enfin compris qu’il y a un problème!» réagissait samedi la représentante d’une organisation de protection de l’environnement après l’adoption de l’accord de Paris à la COP21. Entamée il y a une trentaine d’années, la lutte mondiale contre le réchauffement n’avait jusqu’alors jamais obtenu de réponse à la hauteur de l’enjeu: protéger la planète et ses habitants des conséquences dévastatrices des changements climatiques entraînés par nos émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Or cette fois près de 200 pays représentant la vaste majorité des émissions mondiales de CO2 ont mis de côté leurs divergences – ou au moins une partie d’entre elles – pour s’engager ensemble dans la bataille climatique. Ils se sont fixé l’objectif ambitieux de contenir la hausse des températures à 2 °C voire à 1,5 °C d’ici la fin du siècle, par rapport aux niveaux préindustriels. La mention du plafond de 1,5 °C était loin d’être acquise avant la conférence.

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Il y a donc bien lieu de se réjouir de l’ambition affichée par l’accord de Paris. Malheureusement, il y a aussi lieu de s’inquiéter de son inadéquation avec la réalité. Les scientifiques estiment que les températures mondiales ont déjà gagné en moyenne 1 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Selon les estimations, les promesses de réduction des émissions de CO2 faites par les pays avant la COP21 mènent vers un réchauffement de 3°C.

Pour rectifier la trajectoire, il va donc falloir aller beaucoup plus loin que ce qui a été entrepris jusqu’à aujourd’hui. Les énergies fossiles, responsables des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine, ne peuvent plus faire partie de notre avenir énergétique. La transition doit être effectuée au plus vite vers les énergies renouvelables. D’autres secteurs encore devront être mis à contribution: transport, agriculture et élevage, bâtiment…

Plusieurs éléments laissent penser que nous sommes bel et bien engagés sur la voie de l’économie bas carbone. Le coût du solaire et de l’éolien a fortement baissé. Une partie du secteur financier désinvestit ses actifs dans les combustibles fossiles, désormais considérés trop risqués. Tragiquement, la Chine est confrontée à de tels niveaux de pollution qu’elle n’a plus d’autre choix que d’agir. Il revient aujourd’hui aux Etats, mais aussi aux entreprises, à la finance, aux chercheurs et à chacun d’entre nous de se saisir de ces incitations pour transformer l’essai de la COP21.