Le président irakien Jalal Talabani doit officiellement charger jeudi le premier ministre sortant Nouri al- Maliki de former un nouveau gouvernement. Une mission qu’il devra accomplir sous 30 jours afin de sortir son pays de huit mois de crise politique. Signe de la difficulté de la tâche, cette étape cruciale a été retardée au maximum afin de donner à M. Maliki le plus de temps possible pour trouver un accord entre toutes les factions sur la répartition des ministères.

Arrivé au pouvoir en 2006, le chef de file de l’Alliance nationale, une vaste coalition chiite majoritaire au Parlement, doit être reconduit pour un second mandat au cours d’une cérémonie au palais présidentiel à Bagdad, a indiqué un responsable du Parlement sous couvert de l’anonymat. Réélu le 11 novembre pour un second mandat de quatre ans, M. Talabani avait en vertu de la Constitution 15 jours pour nommer officiellement son premier ministre. Le 15e jour tombant vendredi, férié, jeudi est légalement le dernier jour où il peut le faire.

Quelques minutes après sa réélection, M. Talabani avait fait part de son intention de choisir M. Maliki, une nomination qui était initialement attendue dimanche à l’issue du congé de cinq jours lié à la fête religieuse d’al-Adha. Les Irakiens attendent depuis les élections du 7 mars – les secondes depuis la chute de Saddam Hussein – la formation de leur nouveau gouvernement.

Après des mois de négociations infructueuses entre les différentes listes, dont aucune n’avait la majorité requise pour gouverner seule, les dirigeants irakiens ont finalement trouvé le 10 novembre un accord de partage du pouvoir consacrant la répartition confessionnelle des plus hautes charges de l’Etat.

La présidence de la République est demeurée à un Kurde, la direction du gouvernement à un chiite et la minorité sunnite conserve la présidence du Parlement. Le grand rival de M. Maliki, l’ex-premier ministre Iyad Allaoui, un chiite dirigeant une liste laïque massivement soutenue par les sunnites, héritera d’une instance créée pour lui, le Conseil national de politique stratégique.