«Si la Hongrie devait choisir entre accepter ou refuser de signer cette paix, cela reviendrait à répondre à la question suivante: vaut-il mieux qu’elle se suicide afin de ne pas être tuée?» Le 16 janvier 1920, dès l’entame des négociations du Traité de Trianon avec les vainqueurs de la Grande Guerre, la phrase prononcée par le comte Apponyi menant la délégation magyare reflète l’ampleur de la punition à venir. Le 4 juin à 16h32, la Hongrie perd 3,3 millions d’habitants d’origine magyare et 71% de territoire en un trait de plume.

Trianon lui ôte aussi son ouverture maritime sur l’Adriatique. Sous l’impulsion du régent Horthy, leader révisionniste de l’entre-deux-guerres, la Hongrie récupère provisoirement le sud de la Slovaquie, la Ruthénie, le nord de la Transylvanie et celui de la Serbie grâce aux deux arbitrages de Vienne (1938, 1940) obtenus par ses alliés allemand et italien. Au lendemain du second conflit mondial, le Traité de Paris (1947) rétablit les frontières de Trianon considérées comme un «diktat» par ses contempteurs.