Agé de 47 ans, Ali Belhadj, numéro 2 du FIS, a mis toute sa fougue religieuse au service d'un idéal politique: un Etat islamique en Algérie. Il a le verbe facile et une verve qui faisait vibrer des milliers de fidèles lors de la grande prière du vendredi. Idéologue intransigeant, tribun talentueux et vénéré par les jeunes des quartiers pauvres, il est un lecteur assidu de l'exégèse du Coran. Prédicateur de quartier dès l'âge de 14 ans, il est apparu, dès 1980, comme une sorte de prophète exalté, refusant tout compromis pour la cause d'un islam rigoriste et intransigeant. Il commencera à acquérir une carrure nationale à la suite des émeutes sanglantes du 5 octobre 1988. Propulsé sur le devant de la scène, il a appelé, lors de la guerre du Golfe, en 1991, à la mobilisation en faveur de l'Irak. En juin 1991, il est arrêté et condamné en juillet 1992, en même temps qu'Abassi Madani.