Les démocrates ont réservé un triomphe mardi à Michelle Obama qui a brossé un portrait laudateur de son mari dans un discours enlevé (voir le texte intégral sur le site du Washington Post), qui était le clou de la première journée de la convention nationale de Charlotte, où le républicain Mitt Romney, lui, a été vilipendé. Petit tour des éditorialistes des journaux américains à grand tirage sur la prestation de la First Lady, avec un commentaire personnel, cum grano salis.

■ «Les deux ont parlé de leurs maris. Les deux ont parlé d’amour, de leurs enfants et de leurs familles, de leurs mariages et de leurs parents.» Mais pour le New York Times, «la comparaison s’arrête là entre les discours tenus par Ann Romney la semaine dernière et Michelle Obama ce soir». Car la grande différence entre les deux, c’est celle-ci: «Mme Obama a parlé des dures réalités et des inconvénients majeurs que présentait le fait d’avoir grandi comme Noirs dans une société de Blancs. Et non des inconvénients mineurs pour un jeune marié d’être le fils d’un cadre de l’industrie automobile qui fut gouverneur du Michigan et candidat à une primaire présidentielle.» Mon avis: le fossé, oui, est immense.

■ Aux yeux du Los Angeles Times, la tâche de Michelle Obama «était sensiblement la même que celle d’Ann Romney mardi dernier: il fallait brosser un portrait plus chaleureux, mais aussi donner une image plus flashy d’un mari apparemment distant. Dans le cas de Mitt Romney, cela signifiait: donner plus de personnalité à un homme qui s’adresse à ses électeurs comme un robot; dans le cas du président Obama, cela signifie: prêter un sens de l’urgence à un homme qui paraît détaché.» Mon avis: ils ne sont pas vraiment ceux que vous croyez, donc. Ils sont mieux que cela.

■ Un «discours dévastateur» pour ses adversaires républicains, estime pour sa part le Washington Post. En disant que «le succès ne dépend pas de combien vous faites d’argent, mais de la différence que vous représentez dans l’esprit des gens», elle a sous-entendu que l’autre candidat était bien étranger à ce genre de nuances. Mais «Michelle Obama était trop polie pour le dire clairement. Elle n’en avait pas besoin.» Mon avis: son mari, lui, est bien plus fin.

■ D’ailleurs, elle n’a pas mentionné une seule fois le nom du «riche ennemi» de son mari, ironise le New York Post, «maintenant qu’elle a surmonté son angoisse à l’idée de vivre à la Maison-Blanche». Et de mentionner cette phrase marquante: «Barack connaît le Rêve américain, parce qu’il l’a vécu», a-t-elle dit aux foules qui l’adorent, face aux représentants d’un parti déjà enchantés par une vidéo montrant la vie» de Michelle. Mon avis: il faut être pauvre pour être sûr que ce rêve-là existe bel et bien, non?

■ «Maintenant qu’elle est une First Lady populaire, écrit pour sa part USA Today, elle travaille à séduire les électeurs de son mari avec un discours chaleureux, positif, qui ne s’attarde pas sur la faiblesse de l’économie mais cherche à leur rappeler les vertus personnelles du candidat, sensiblement les mêmes qu’il y a quatre ans.» Même ton en son fief, dans le Chicago Tribune. Mon avis: on prend le même, et on recommence?

■ Les New York Daily News insistent, elles, sur le fait que Michelle Obama «ne demande pas de voter seulement pour le commandant-en-chef, mais aussi pour un mari et un père soucieux de comprendre les plaintes et les douleurs des Américains». Mon avis: c’est grave, docteur?

■ C’est incontestablement «la star de la famille Obama», selon un militant rencontré sur place par les San Jose Mercury News. Et elle était «comme les Américains ont appris à la connaître: directe, sérieuse, logique, passionnée par tout ce qu’elle a fait»: pour le Houston Chronicle, «il était clair que sa plus grande réussite était d’avoir porté son mari à la Présidence». Mon avis: elle casse la barack (oui, c’est facile, je sais).

Et comme il n’est jamais bon de terminer un quelconque article sur un mauvais jeu de mots, on rappellera ici avec les Beatles que «Michelle, ma belle/Sont des mots qui vont très bien ensemble». Elle portait une robe rose métal. Mon avis (le dernier): elle avait une sacrée classe. Elle est décidément électrisante.