France

Le Trocadéro de François Fillon, Waterloo ou Austerlitz?

Le succès de la manifestation parisienne convoquée par le candidat de la droite et du centre décidera probablement de la suite de sa campagne. Les organisateurs annoncent 200 000 participants, c'est beaucoup moins selon plusieurs médias. François Fillon demande à son camp de faire son «examen de conscience»; il doit s'exprimer ce soir à la télévision 

Le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon, espère faire du rassemblement ce dimanche de ses partisans à Paris une démonstration de force face aux juges qui devraient prochainement l’inculper et aux membres de son parti qui veulent le pousser dehors. Ce qu'il faut savoir.

Verbatim 3.La décision reviendra au parti des Républicains. François Fillon: «Mon examen de conscience, je l’ai fait. Je ne souhaite à personne de le faire dans de telles circonstances. Aux hommes et aux femmes politiques de mon camp, il vous revient maintenant de faire le vôtre». Des propos qui semblent indiquer qu'il est partisan de continuer son combat, mais qu'il a compris que quelque chose avait changé. C'est peut-être ce soir sur France 2 qu'il fera une annonce plus claire.

Verbatim 2. On continue. François Fillon: « Laisserez-vous les intérêts de faction et de carrière l’emporter sur un projet adopté par plusieurs millions d’électeurs ? (...) Je dois écouter cette foule immense »

Verbatim 1.Un début de mea culpa. François Fillon: «On m’attaque de toute part et je dois en conscience vous écouter. Je dois écouter cette foule immense. Mais je dois aussi m’interroger sur ceux qui doutent et qui fuient le navire. Leur responsabilité est immense, la mienne aussi»

Les enjeux. Baroud d'honneur ou bras de fer ? Ce «grand rassemblement populaire» organisé non loin de la Tour Eiffel, apparaît comme l'une des dernières cartouches tirées par François Fillon pour tenter de se sortir de la nasse où l'ont plongé les emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.

Ceux qui y croient.

A la télévision ce soir. François Fillon avait d'abord annulé son intervention ce soir avant de la maintenir: il parlera sur France2 à 20 heures. En revanche, il a annulé sa venue demain matin sur la radio Europe1.

La débandade (1). Inquiets de sondages donnant désormais leur ex-champion éliminé dès le premier tour, dans 49 jours, devancé par la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ancien ministre du président socialiste François Hollande repositionné au centre, quelque 260 élus lui ont retiré leur soutien.

Tu quoque, Estrosi. «Sarkozyste» historique, Christian Estrosi juge les chances du vainqueur de la primaire de novembre 2016 définitivement compromises, et a déclaré par la même occasion qu'Alain Juppé pourrait être le meilleur recours en cas de «plan B». «Dans les heures qui suivent, nous allons proposer une initiative», a dit Christian Estrosi sur BFM TV, en citant les noms de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand parmi les autres contributeurs. «Nous allons sans doute faire une déclaration.»

Même la météo s'oppose. Plusieurs milliers de manifestants commençaient à arriver en début d'après-midi, sous une pluie battante, certains scandant: «Fillon, tiens bon !», «On va gagner», «Fillon président».

L'appui de Penelope. Penelope Fillon est sortie de son silence dans une longue interview à l'hebdomadaire Le Journal du Dimanche, dans laquelle elle a souligné la détermination de son mari à ne pas céder.  «Moi, je lui ai dit qu'il fallait continuer jusqu'au bout. Chaque jour, je lui ai dit ça» mais «c'est lui qui décidera», a-t-elle déclaré. «Il n'y a que lui qui peut être président. Être capable d'endurer ça, c'est une preuve de courage remarquable».

La débandade (2). Ces derniers jours, plusieurs personnalités de son camp ont appelé François Fillon à laisser sa place à Alain Juppé, maire de Bordeaux (sud-ouest) et ancien premier ministre. Les défections s'enchaînent depuis l'annonce mercredi par le candidat de sa probable inculpation par la justice le 15 mars. Coupé en deux, le parti de M. Fillon, Les Républicains, va organiser lundi soir un comité politique «pour évaluer la situation».

«C'est la guerre». «Ils veulent le +débrancher+, c'est la guerre», a confié à l'AFP un ancien ministre resté fidèle à Frtançois Fillon. «Le compte à rebours a commencé», titrait dimanche le quotidien Le Parisien.

Le recours Juppé. Nettement battu par M. Fillon au second tour de la primaire de la droite et du centre en novembre dernier, M. Juppé, 71 ans, a fait savoir qu'il ne se «défilerait pas» mais à condition que «François Fillon se retire de lui-même».

Contre-manifestation. Une contre-manifestation contre la corruption des élus est aussi prévue dimanche place de la République à Paris. Les organisateurs ont appelé à un concert de casseroles.

Sondage adverse. 71% des Français ne souhaitent pas que François Fillon maintienne sa candidature à la présidentielle, selon un sondage Ifop publié dimanche.

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Penelope Fillon sort du silence: elle veut que son mari aille «jusqu’au bout»

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