«Libérez Gilad Shalit!» Au troisième anniversaire de l’enlèvement du caporal israélien, enlevé le 25 juin 2006 par des islamistes de Gaza, les manifestations exigeant «le retour de notre soldat» se sont faites rares dans l’Etat hébreu. Certes, ici et là, des groupes de citoyens organisent des lâchers de ballons alors que d’autres tentent de bloquer les points de passage vers la bande de Gaza. En outre, au début de la semaine, Noam Shalit (le père du caporal) a été reçu par Elie Yshaï, le vice-premier ministre et leader du parti ultraorthodoxe Shas. Quant à Benyamin Netanyahou, il a déclaré avant de s’envoler pour Rome et Paris que «le sort de Gilad reste au premier plan de ses préoccupations».

Peu après l’enlèvement du caporal, l’armée israélienne avait déclenché une première opération de grande ampleur dans la bande de Gaza en assurant de «soulever chaque pierre de ce territoire» pour retrouver son caporal. Dans la foulée, le premier ministre d’alors, Ehoud Olmert, avait ordonné le renforcement du blocus du territoire palestinien alors que la ministre des Affaires étrangères de l’époque, Tzipi Livni, lançait une campagne internationale de sensibilisation. Celle-ci s’est prolongée durant deux ans et en décembre 2008, plusieurs des chars qui ont envahi Gaza dans le cadre de l’opération «Plomb durci» arboraient un portrait de Gilad Shalit assorti du slogan «on te retrouvera».

Pourtant, le dossier du caporal n’a pas vraiment progressé même si les négociations indirectes entre Israël et le Hamas, menées grâce à l’Egypte, ont permis d’ébaucher un brouillon d’accord entre les deux parties. Celui-ci prévoit que Gilad Shalit serait libéré en échange de 450 prisonniers palestiniens détenus par l’Etat hébreu. Mais le Hamas exige que plusieurs dirigeants historiques de l’Intifada ainsi que de militants lourdement condamnés pour avoir organisé des attentats-suicides figurent dans ce contingent, alors que gouvernement israélien refuse de libérer «des terroristes ayant du sang de civils sur les mains».

Exigences à la hausse

Au lendemain des élections du 10 février dernier, Benyamin Netanyahou a tergiversé avant de nommer un nouveau médiateur. Celui-ci, un ancien du Mossad, est seulement entré en fonction il y a une quinzaine de jours et il se contente pour le moment d’étudier le dossier. Quant au Hamas, ses exigences ont souvent varié. Ces derniers jours, certains de ses porte-parole ont ainsi exigé la libération de 1700 militants par Israël au lieu des 450 évoqués précédemment.

A Jérusalem, on justifie en tout cas la poursuite du blocus hermétique de la bande de Gaza par le fait que Gilad Shalit y est toujours détenu. Et cette politique est largement approuvée par l’opinion. «Tant que le CICR n’aura pas été autorisé à rencontrer notre caporal, l’aide internationale destinée à la reconstruction de Gaza n’y pénétrera pas. C’est notre seul moyen de pression», estime par exemple le chroniqueur Dan Margalit.