Royaume-uni

Trois conséquences qu’aurait un Brexit

Le Royaume-Uni se désintégrera-t-il? L’économie va-t-elle s’effondrer? D’autres pays suivraient-ils le mouvement? Voici ce qu’on peut dire sur les conséquences d’une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne

Le Royaume-Uni pourrait-il se désintégrer?

Les nationalistes d’Ecosse, d’Irlande du nord ou du pays de Galles sont favorables à l’adhésion à l’Union européenne, Bruxelles devenant un contrepoids au pouvoir de Londres.

En cas de Brexit, les Ecossais appelleront-ils à un second référendum? C’est possible, mais les indépendantistes ne le lanceront que s’ils sont absolument certains de l’emporter. L’exemple du Québec montre que la perte de deux référendums enterre durablement les velléités d’indépendance. Or le parti indépendantiste, le SNP, a perdu sa majorité absolue au parlement écossais en mai. La chute du prix du pétrole, la difficulté de conserver la livre sterling et la peur du rétablissement d’une véritable frontière rendraient le projet incertain.

Lire aussi notre éditorial: Brexit ou pas, l’Europe a perdu

L’Irlande du nord, surtout par le biais de l’agriculture, est une bénéficiaire nette de l’Union européenne. D’autre part, les relations entre l’Irlande et l’Irlande du Nord n’ont jamais été aussi bonnes et les échanges si nombreux. Le rétablissement d’une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande ou entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne semble compliquée. La paix qui règne aujourd’hui dans la région pourrait en souffrir.

Même si les nations du royaume songeaient à réclamer leur indépendance pour rester dans l’UE, elles devraient repasser par le long processus d’adhésion à l’Union. Mais si le Royaume-Uni vote le maintien dans l’UE par une très courte majorité attribuable aux indépendantistes, l’unité du royaume risque malgré tout de vaciller…

Cliquez pour accéder à la carte interactive

L’économie du pays s’effondrerait-elle?

Les trois grandes études réalisées en 2016 par la London School of Economics, PwC et Oxfords Economics tablent sur des contractions du PIB du Royaume-Uni de 0,1 à 5,5% en cas de Brexit.

La conséquence la plus dommageable serait la perte de l’accès au marché unique, vers lequel le royaume exporte la moitié de ses biens et services sans taxes douanières. Les investissements baisseront, tandis que le chômage devrait augmenter. La plupart des multinationales dont RioTinto, HSBC, Royal Dutch Shell, mais aussi RyanAir, EasyJet et les fabricants d’automobiles plaident tous pour un maintien du Royaume-Uni dans l’UE.

Les économies réalisées sur les contributions nettes du pays à l’Union européenne (environ 7 milliards de livres en 2015) ne compenseront pas les pertes.

Les conséquences pour la place financière de la City sont plus difficiles à évaluer. Les banques et les assurances perdraient le droit de vendre leurs services aux 27 membres de l’UE, mais la place financière du pays pourrait édicter ses propres règles et muscler ses échanges avec les places financières asiatiques.

A lire aussi, notre reportage: Brexit: «Si c’est serré à Liverpool, ce sera foutu»

Cela pourrait-il avoir un effet domino en Europe?

Le Brexit aurait des conséquences négatives pour les principaux alliés du Royaume-Uni que sont les Pays-Bas, le Danemark et la Suède. Les Néerlandais se sont déjà opposés en avril à l’accord d’association entre l’Ukraine et l’UE lors d’un référendum consultatif. Mais ils ont adopté l’euro ce qui rend un départ plus compliqué, que pour la Suède par exemple.

C’est également le cas de l’Autriche et de la France, où les partis d’extrême droite ont déjà promis d’organiser des référendums sur le maintien dans l’Europe s’ils arrivaient au pouvoir, de même qu’en Italie avec le mouvement Cinque stelle.

Les pays de l’Est, à commencer par la République Tchèque, le Pologne ou la Hongrie connaissent un taux élevé d’eurosceptiques, mais comme ils touchent tous des fonds de l’Union européenne, leur départ est peu probable.


Lire aussi:

Publicité